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Affaire DSK : l'avocat de Tristane Banon a rencontré le procureur à New York

L'affaire Banon-DSK continue de prendre de l'ampleur, et s'exporte. Après les nombreuses auditions des derniers jours en France, c'est aux Etats-Unis qu'elle a rebondi mardi soir. L'avocat de Tristane Banon, Me David Koubbi, a rendu une visite surprise aux procureurs de Manhattan en charge de l'enquête sur le dossier des accusations de viol pesant sur Dominique Strauss-Kahn. 


Accompagné de Kenneth Thompson et de son associé Douglas Wigdor, l'avocat de Nafissatou Diallo qui accuse DSK de viol dans l'hôtel Sofitel, est entré dans les locaux du procureur de Manhattan à 19h30 (heure de Paris), avant d'en ressortir 3 heures plus tard. Me Thibault de Montbrial, mandaté par Kenneth Thompson pour enquêter sur le volet français de l'affaire, a également assisté à la rencontre.
« La défense de Tristane Banon n'a jamais voulu que le dossier de celle-ci soit lié à un dossier américain qui pourrait s'avérer vide», explique une source proche du dossier. Pour s'en assurer, Me Koubbi s'est rendu à New York, où il a rencontré les protagonistes américains de cette affaire.
Croisé à l'entrée du cabinet de Kenneth Thompson, l'avocat français n'a pas souhaité s'exprimer sur cette rencontre. « Il semblerait qu'il y ait beaucoup de gens ici qui travaillent sur des faits que l'on disait jusqu'ici imaginaires en France », a-t-il confié quand même en faisant allusion à la plainte de sa cliente. Interrogé sur la plainte pour dénonciation calomnieuse déposée par DSK contre Tristane Banon, il a répondu : « Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il dépose plainte au moment où n'importe qui se confondrait en excuses. »

«Elle m'a dit qu'il lui avait arraché son soutif»

A Paris, le journaliste Philippe Vandel, qui devrait être entendu fin août, a expliqué mardi avoir vu la plaignante en 2003. Elle lui aurait indiqué avoir été victime d'«une agression deux ou trois semaines avant» de la part de Dominique Strauss-Kahn, avant de lui montrer sur son portable des messages qu'elle aurait reçus de ce dernier. «Je la revois en train de me montrer les SMS. Oui, je suis quasiment sûr qu'elle me les a montrés», explique le journaliste, qui travaillait à VSD à l'époque.
Philippe Vandel se remémore également «des détails» que la jeune femme «secouée» lui aurait donnés. «Elle m'a dit qu'il lui avait arraché son soutif» et a ensuite décrit le lieu de rendez-vous dans ces termes: «ni un appartement ni un bureau, un endroit ni habité ni inhabité».
Après avoir contacté son directeur de publication qui avait accepté de publier l'histoire si une plainte était déposée, Philippe Vandel avait reçu un nouvel appel de Tristane Banon faisant «machine arrière», expliquant qu'elle ne porterait finalement pas plainte. «Elle m'a dit Les pressions sont telles sur moi ou mon entourage...
C'est trop dur, il y a trop de coups à prendre, c'est trop difficile, raconte le journaliste, se souvenant en particulier que cette dernière avait mentionné des pressions «sur quatre leviers: sur elle, sur son éditrice, sur sa maman et sur son avocate». Elle aurait alors évoqué «un coup de fil à l'éditrice de proches de DSK».

François Hollande veut être entendu au plus vite
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Plusieurs proches de Tristane Banon ont été entendus récemment pour vérifier la crédibilité de ses accusations, dont sa mère Anne Mansouret qui a confirmé la version de sa fille. Elle a également révélé avoir eu elle-même une relation sexuelle avec DSK et d'étonnantes discussions avec Brigitte Guillemette, l'ex-épouse du dirigeant socialiste. Cette dernière «dément catégoriquement» les propos que lui prête la mère de Tristane Banon dans un article de lexpress.fr et a annoncé qu'elle allait porter plainte pour diffamation.

Les enquêteurs s'apprêtent également à demander à des responsables socialistes, dont François Hollande, ce qu'ils connaissaient de l'affaire. Le candidat à la primaire socialiste a dit mardi refuser, dans le volet parisien de l'affaire DSK, «la manipulation» et «la manoeuvre» comme «instruments du débat politique», tout en souhaitant être entendu par la justice «le plus rapidement possible». Si Tristane Banon et sa mère affirme qu'il était au courant de l'affaire, François Hollande a expliqué «qu'il n'avait pas connaissance dans le détail» des faits allégués par la jeune femme.



20/07/2011
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