INFO PREMIER

Ambassades malgaches: Réduction des salaires et du personnel

L'ambassadeur malgache à Paris touchait le même salaire sinon plus que le président français.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, tel est bel et bien le cas. Après la hausse jugée scandaleuse de 172 % de son salaire depuis 2008, Nicolas Sarkozy touche actuellement « 21 133,37 euros brut mensuels auxquels s'ajouteront 4 226,22 euros d'indemnités de fonction, soit un salaire net mensuel de 19 508,21 euros », d'après la presse française.


Soit moins que Narisoa Rajoanarivony qui avant de quitter son poste, l'année dernière, touchait environ 23 000 euros par mois, apprend-on de sources près du ministère malgache des Affaires étrangères.

D'après les mêmes indiscrétions, notre ambassadeur au Japon, Jimmy Ramiandrison, gagnerait 37 000 euros tandis que son collègue auprès des Nations Unies à New York, Zina Andrianarivelo, toucherait 36 000 dollars par mois.
Il y a trois semaines, le magazine « The Economist » avait publié les rémunérations de quelques chefs de l'Etat dans le monde comparativement au niveau de vie de la population. Le chef d'Etat kényan vient en tête avec un salaire annuel de 320 000 euros par an, soit l'équivalent de 240 fois le PIB par habitant (produit intérieur brut) de son pays. Les moins lotis sont le président chinois Hu Jintao avec un salaire mensuel et de 8500 euros et son collègue indien Manmohan Sing qui ne peut se contenter que de 3300 euros.

Avec la politique instaurée par Marc Ravalomanana d'allouer des émoluments faramineux à nos ambassadeurs qui étaient tous de fidèles serviteurs, il est cependant difficile de croire que Victor Sikonina perçoive moins que le président chinois ni que Sahobisoa Andrianarisoa ait accepté d'être payé à 3300 euros perçus par le chef d'Etat indien.

Certes, M. Ravalomanana a voulu motiver sinon récompenser ses copains mais aligner les salaires des ambassadeurs à ceux des chefs d'Etat des pays s'apparenterait à la population malgache qui patauge dans la misère.
Aussi doit-on féliciter Andry Rajoelina d'avoir osé décider de revoir à la baisse ces traitements. Cette réduction a été décidée hier en conseil des Ministres durant lequel il a été également annoncé que l'effectif du personnel dans certaines représentations à l'extérieur sera réduit.

Le taux de la baisse n'a pas été indiqué dans le communiqué de la présidence. Il sera au moins de 25 % avec la hausse du taux consulaire qui a été décidé dans la foulée. Fixé à un peu plus de 5000 Fmg pour un euro avant cette hausse, le taux consulaire est le taux de change appliqué pour les chancelleries. Pour la compatibilité des chiffres, le budget alloué aux ambassades, consulats et autres représentations extérieures de Madagascar est, en effet, libellé en francs malgaches. Si les 23 000 euros perçus mensuellement par notre ambassadeur en France étaient équivalents à 115 millions Fmg, ce même budget inscrit dans la loi des Finances ne représenterait donc plus que 18 500 euros avec une hausse de 25 % du taux consulaire. Ce qui représente un gain énorme pour le Trésor public lequel supporte la différence entre le taux de change réel et le taux consulaire.

La baisse proprement dite sera décidée suivant les résultats des études techniques, ajoute le communiqué. En tout cas, M. Rajoelina devrait sur cette lancée faire la transparence sur la grille des salaires appliquée dans nos représentations extérieures où les régimes successifs ont, à quelques compétences près, eu la fâcheuse habitude de placer les copains et les coquins. Tout comme il devrait briser la loi du silence instaurée par M. Ravalomanana sur les traitements des dignitaires de l'Etat.

En dépit du changement, personne ne connaît jusqu'à présent combien touche un chef d'Etat malgache, le Premier ministre et les membres du gouvernement, les membres de la HAT qui n'ont d'autre occupation que de tuer le temps au palais de verre d'Anosy ou partir en province pour se faire valoir et instaurer leurs assises politiques. Ces derniers, dit-on, gagneraient une petite vingtaine de millions par mois.

En fait, c'est tout le système de traitement des agents de l'Etat qui doit être revu de fond en comble. Il n'est pas nécessaire d'attendre les « dinika santatra » pour le faire. A ce sujet, les dernières notes économiques de la Banque mondiale (lire encadré ci-après) attirent d'ailleurs l'attention des responsables, du moins ceux qui sont vraiment soucieux de la bonne gouvernance et de l'équité.
Salomon

Ravelontsalama (Sa)



29/07/2010
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