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Assassinat d’un Français à Mahajanga - Un Gendarme dans le coup !

L'abominable assassinat d'un ressortissant français à Mahajanga a pour ainsi dire fait hérisser les poils de l'échine de la population locale. Mais quand les premiers éléments des enquêtes judiciaires ont dévoilé que c'est un Gendarme qui a tiré à bout portant contre ce Français, la psychose a vite fait d'atteindre son paroxysme dans cette Cité des Fleurs.

Jean Noël Sauvageau, un ressortissant français, a été assassiné d'un coup de fusil Kalachnikov dimanche dernier vers 13h à bord de son navire « Le Paprika ». Cet homme de 64 ans, présent dans l'Océan indien depuis plusieurs décennies et à plein temps à Madagascar ces dernières années, était résident pour moitié à Mahajanga et le reste du temps dans un petit village situé à 40 km au Nord de Mahajanga, dénommé Marosakoa, où, en famille, il occupait un terrain. Au moyen de son navire, « Le Paprika », il alternait séjours dans la Ville des Fleurs, et à la campagne. Attaqué il y a déjà quelques mois par des voleurs (les mêmes ?) véhiculés sur une coque à Marosakoa, alors qu'il travaillait le soir à bord de son navire qui jouxtait la côte, cet homme n'avait eu la vie sauve que grâce à la protection d'une pièce de bois qui détourna un coup violent que l'on tentait de lui asséner avec une barre de fer. Mais, cette fois – ci, la chance ne l'aura pas aidé.
Rencontre à Antsahanitia…
En effet, dimanche dernier dans la matinée, la victime se trouvait en séjour à Mahajanga - ville lorsqu'un coup de téléphone lui a appris que sa case de Marosakoa avait subi une attaque de voleurs armés. Et que leur forfait consommé, les auteurs s'étaient enfuis à bord d'une embarcation en direction de Mahajanga.Immédiatement, Jean Noël Sauvageau s'est mis à la barre de son bateau « Le Paprika » et a pris la mer à la rencontre de ses voleurs, en seule compagnie d'un matelot. Au niveau d'Antsahanitia, la rencontre a bel et bien eu lieu. Sans doute troublé par la présence de Gendarme(s) en uniforme sur le bateau repéré, il stoppa ses machines et se mit à couple de l'embarcation, peut - être pour discuter tant avec les Forces de l'ordre qu'avec ses voleurs. Une forte délégation de l'équipage suspect monta ainsi à son bord, un Gendarme en uniforme resta sur l'autre bateau. Le ton est monté, son matelot – apeuré - se dissimula. Et c'est lui qui racontera la suite.
A bout portant…
Ainsi, selon la narration des faits déclinée par ce dernier, le Gendarme, resté sur l'autre bord, s'est levé soudainement avec son arme et a tiré, à bout portant, dans la tête du Français (au niveau de la nuque) qui lui tournait le dos. La balle traversa instantanément le crâne et fracassa, en ressortant de l'autre côté, le front et la face de la victime qui mourut sur le coup. Le groupe de voyous s'est alors empressé de remonter sur son embarcation et s'est enfui en direction de Mahajanga. C'est le matelot qui donna l'alerte. Les Forces de l'ordre se sont ainsi mobilisées de suite alors que, en parallèle, une action collective permettait de récupérer le bateau et son funèbre chargement. Malgré l'intervention d'un hélicoptère, pour détacher au plus vite un médecin sur le lieu du crime, ce dernier n'a pu malheureusement que constater le décès.
« Voyoucratie » grandissante…
A Mahajanga, au même instant, un bateau suspect approcha de la digue de débarquement des hydrocarbures. Les Forces de l'ordre, déjà en alerte, l'ont arraisonné ainsi qu'une partie de la bande de criminels. Quelques éléments ont réussi à s'enfuir, mais sont déjà été identifiés et recherchés. En tout cas, les mêmes premiers éléments des enquêtes judiciaires ont établi que le bateau des assassins a été déclaré volé à la Société Sogediproma par son Commandant de bord, vendredi dernier. L'instruction judiciaire de cette abominable affaire suit actuellement son cours normal et la traque des fugitifs bat son plein. La présence de ce vrai Gendarme et de ses armes, ainsi que la forte présomption de sa culpabilité pour ce meurtre de sang - froid, provoquent un malaise profond au cœur de la population de Mahajanga qui attend désormais un châtiment à la hauteur du crime. Un jugement qui, par l'exemple, interdira ce sentiment d'impunité qui peut entretenir l'aisance de cette « voyoucratie » grandissante.
Quoi qu'il en soit, après le meurtre violent d'une restauratrice de la Communauté chinoise et de son jeune fils de 7 ans, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, ce nouvel assassinat fait frissonner de crainte la Cité des Fleurs qui, encore plus, attend des Forces de l'ordre qu'elles repoussent fermement l'insécurité se développant notoirement, et leur redonnent le calme et la douceur qui font le charme de cette ville. Au fait, un Gendarme, censé défendre les biens et les personnes (selon la formule consacrée), vient tout simplement de perpétrer le contraire. Au secours !
Recueillis par France Rakotoarison
Correspondante permanente à Mahajanga


Deux Chinois, dans un bain de sang !
Deux jours précédant cet abominable assassinat du ressortissant français, une Chinoise, restauratrice du côté de Tsaramandroso, a également été assassinée par des criminels. Pis, le fils de celle – ci, pourtant âgé seulement de 7 ans, gisait également dans son sang. La demeure de cette mère et son fils était fermée à clé de l'intérieur. Chose qui étonna une autre ressortissante chinoise ayant voulu leur rendre visite. En tout cas, après alerte, la Police majungaise a débarqué sur le lieu et n'a pu que constater, les yeux ébahis, la scène macabre. Quoi qu'il en soit, les premières enquêtes effectuées ont dévoilé que le cuisinier et son fils, ayant habité sous les mêmes toits que la restauratrice et son fils, se sont évaporés dans la nature. Leurs biens personnels avec. Un signe flagrant qui a amené les enquêteurs à penser que ce cuisinier aurait quelque chose à se reprocher dans ce double assassinat. Mais que se passe – t – il à Mahajanga ?

R. Christian Frédéric



04/08/2010
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