INFO PREMIER

Bavure ou acte de barbarie des Forces de l’ordre ? - Huit personnes abattues à Soalala

Grand émoi de la population du District de Besalampy. Huit personnes, d'une même famille, accusées d'être des « dahalo » ont été froidement abattues par les Forces de l'ordre, il y a quelques mois, dans le District de Soalala. Un rescapé a pu témoigner, mais il est actuellement menacé de mort. L'affaire est désormais entre les mains des responsables.



Le District de Soalala est de nouveau sous les feux des projecteurs, non pas sur le projet d'exploitation de fer, mais pour une tuerie qui s'apparente à un acte de barbarie, dont les auteurs ne sont que des éléments des Forces de l'ordre.  Les faits : vers le début du mois de février de cette année, un jeune homme dénommé Casimir, originaire de Mahabe, District de Besalampy, a été sauvagement assassiné par des inconnus, non loin du village d'Amboloando, Commune rurale d'Andranomavo, District de Soalala.

Ayant reçu des informations sur la mort de Casimir, sa famille ainsi que le Président du Fokontany et les notables locaux ont décidé d'envoyer des émissaires afin de récupérer le corps de la victime. Munis de carnet de passeport, neuf individus ont été envoyés à Amboloando pour ramener le corps de Casimir. Ils ont quitté leur village le 11 février 2010, tôt le matin. Mais en arrivant à une centaine de mètres du village d'Amboloando, ils ont été arrêtés par trois éléments de la Gendarmerie et les fokonolona de cette localité, puis enfermés dans une maison en tôle durant plusieurs heures. Accusés d'être « dahalo », ils ont été tabassés, bâillonnés et ligotés les uns aux autres. Quelques heures après, les Gendarmes les ont ramenés dans un endroit tranquille, se trouvant à 3 km du village d'Amboloando. Les mains liées, ils sont alignés au bord d'un ravin. Les Gendarmes les ont fusillés un à un. Ayant senti le danger imminent, deux d'entre eux ont pris la fuite. Mais, l'un a été abattu, non loin du lieu d'exécution. Au total, huit personnes, dont un instituteur de l'Epp Mahabe, sont tombées sous les balles des hommes en treillis. Seul, un certain Leboana a pu s'échapper.
 
Dévorés par les chiens !

Keliny, Rafidy (instituteur), Tafara Alexandre dit Mahazaka, Lezafibe, Rolland, Lezafikely, Dauphin et Legista ont tous été fusillés par les trois Gendarmes dont nous tairons pour l'instant le nom. Contrairement aux us et coutumes malgaches, les bérets noirs ont laissé pourrir, sous le soleil, les corps des victimes. Leur famille, accompagnée du Commandant de Brigade de Mahabe n'est arrivée à Amboloando que le 16 février, après avoir été alertée par le seul rescapé. En arrivant sur les lieux, c'était une scène de désolation. Les corps des victimes, se trouvant au fond du ravin, étaient méconnaissables. Ils étaient tous dévorés par des chiens. Après de vives altercations verbales, la famille a pu ramener les corps déchiquetés sur une charrette. Des (autres) ossements humains et des effets vestimentaires ont été découverts sur le lieu. Est - ce un véritable charnier ?

Versions contradictoires et désinformation

Les parties ont émis deux versions diamétralement opposées. Selon les gens d'Amboloando, Casimir était parmi les « dahalo » qui les ont attaqués. Et lors des accrochages entre le fokonolona et les Gendarmes d'une part et les « dahalo », d'autre part, il est tombé sous les balles des bérets noirs. Pour sa famille, il était à Amboloando, depuis plusieurs années, pour être gardien de zébus. Et il a été éliminé pour ne pas dévoiler l'existence d'un réseau maffieux dans ce village.

Après la fusillade des huit personnes, de fausses informations ont été véhiculées dans cette localité. On a diffusé sur la chaîne nationale que les Gendarmes ont tué huit « dahalo » après un accrochage violent.
Ce n'est qu'un pur montage pour dissimuler la vérité. Fort heureusement, le rescapé, M. Leboana a pu apporter son témoignage auprès des autorités et de l'ensemble de la population. Raison pour laquelle, le témoin, après avoir reçu des menaces de mort a préféré quitter son village natal et se réfugier dans un autre District de la Région Melaky. Il a également saisi les instances supérieures de la Gendarmerie. La visite du numéro un de la Gendarmerie nationale dans cette Région pourrait faire avancer l'enquête. Des confidences ont laissé entendre que l'assassinat du Gendarme Berchmans à Amboloando serait lié à cette affaire.

Une affaire dans l'affaire ! La famille des victimes crie au scandale et a saisi la Justice pour une ouverture d'enquête. Mais, il semble que le traitement du dossier piétine. A cet effet, elle réclame une enquête indépendante, composée de plusieurs entités, mais non pas uniquement des éléments de la Gendarmerie. Cette Institution a intérêt à élucider cette affaire pour ne pas ternir son image, notamment dans cette Région. Du pain sur la planche pour le Général Bruno Razafindrakoto.


Alphonse Maka



18/06/2010
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