INFO PREMIER

Brutalités des Gendarmes - Les auteurs restent impunis

Tabassé par des éléments de la Gendarmerie en service à la Brigade d'Ebelo, M. Soasaotsy a été grièvement blessé et porte toujours les séquelles de son agression. Il a porté plainte au Tribunal de Première instance de Taolagnaro, mais un an après, l'affaire est toujours rangée dans le tiroir faute d'un ordre de poursuite de la part du patron de la Gendarmerie malgré la demande formulée par le Procureur de la République de cette juridiction. La victime crie au scandale et dénonce une impunité flagrante !


Collecteur de produits locaux, M. Soasaotsy était à Marotsiraka, District d'Amboasary - Sud, le mercredi 8 juillet 2009, pour acheter du riz. Vers la fin de l'après - midi, deux Gendarmes, en provenance de la Brigade d'Ebelo, l'ont sollicité pour leur acheter de la bière. Mais, il a carrément refusé. Une réponse qui n'a pas plu aux hommes en treillis. Du coup, il a été tabassé par les Gendarmes. Blessé au visage et au dos, M. Soasaotsy s'est évanoui et a été évacué d'urgence au Centre hospitalier de référence régional de Taolagnaro après avoir reçu des soins d'urgence au Centre de santé de base d'Ebelo.
 
Lors d'un examen clinique du 10 juillet 2009 à l'hôpital de Taolagnaro, le médecin traitant, par le biais d'un certificat médical n° 168/MSPF/SG/DRSPF/ANOSY/CHRR/FD/CM du 15 juillet 2009, a affirmé que M. Soasaotsy est victime d'une tuméfaction et cyanose au niveau de l'hémi - thorax gauche et droit à la face antérieure en regard des 7e, 8e et 9e côtes, contusion et cyanose à la face antérieure du bras gauche et droite, douleur permanente exacerbée par la palpation au niveau de la région occipitale, nuque et cheville droite, une plaie de 5 cm environ de longueur avec 4 points de suture au niveau de l'arcade sourcilière droite, rougeur importante de l'œil droit avec œdème et cyanose périorbitaire empêchant l'ouverture de l'œil droit, présence d'un écoulement sanguinolent au niveau du nez.

Et ce médecin d'ajouter que le patient se plaint d'une paresthésie au niveau du cuir chevelu et de la présence d'une céphalée importante surtout à droite associée à un trouble de la vision de l'œil droit.   A cause de la complication de son état, la victime a été évacuée au service neurochirurgie de l'Hjra à Antananarivo. Le patient a une incapacité de travail temporaire (Itt) de 45 jours.

Pas d'autorisation de poursuite

Après avoir reçu les soins adéquats, la victime a porté plainte au Tribunal de première instance de Taolagnaro. Ainsi, une plainte contre les deux Gendarmes, pour abus de fonction et coups et blessures volontaires, a été déposée auprès du Procureur de la République, en date du 15 juillet 2009.

Mais, jusqu'à maintenant, les deux hommes en uniforme n'ont jamais été enquêtés sur cette affaire. Lors de notre passage dans la Capitale de l'Anosy, on a interrogé le Procureur de la République de cette juridiction sur les tenants et aboutissants de l'affaire Soasaotsy. Récemment nommé à ce poste, il nous a révélé que son prédécesseur a déjà formulé une demande d'autorisation de poursuite contre les deux bérets noirs auprès du Secrétariat d'Etat chargé de la Gendarmerie nationale, en date du 17 août 2009, sous la référence BE n° 419-CG /PR/MIN/FO/09 du 18 août 2009. Chose curieuse, cette demande du Procureur de la République n'a connu aucune suite. Or, ce dernier, selon le texte en vigueur ne peut pas enclencher les procédures sans avoir entre les mains l'autorisation de poursuite délivrée par la Gendarmerie.
 
Contacté par téléphone pour connaître la suite réservée à la demande du Procureur de la République de Taolagnaro, un haut responsable de la Gendarmerie nationale a promis de voir de près cette affaire qui ternit l'image de cette Institution. « L'issue de cette affaire sera connue très bientôt », a – t - il rassuré. La famille de la victime attend avec impatience l'ouverture d'une enquête sur cette bavure des éléments de Forces de l'ordre, et espère que les auteurs seront sanctionnés pour que l'Etat de droit ne soit pas un vain mot. A signaler que d'autres personnes victimes des agissements de l'un de ces Gendarmes ont également porté plainte contre lui, mais elles ont subi le même sort que pour le cas de M. Soasaotsy. La balle est dans le camp des chefs hiérarchiques de la Gendarmerie pour bien séparer le bon grain de l'ivraie.
Recueillis par Alphonse Maka



07/08/2010
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