INFO PREMIER

Dans les ministères : on craint le cyclone !

Rodolphe Ramanantsoa s'est fait énergiquement éjecter de son poste. C'était hier, en milieu de matinée, à Ampadrianomby où à l'issue de la passation de service entre l'ancien et le nouveau ministre de l'Energie.
M. Ramanantsoa a failli rentrer en taxi si ce n'est la compréhension sinon la piété de certains membres de l'ancien cabinet de mettre à la disposition de leur ancien patron un véhicule après qu'Elysée Ratsiraka ait exigé tout de go la voiture officielle du ministre de l'Energie.


Deux heures plus tard à Anosy, au siège du ministère de l'Agriculture, la presse invitée à la passation de service sent la même ambiance vécue à Ampandrianomby. A la différence que cette fois-ci, on n'a nullement exigé une voiture ministérielle, on a plutôt imposé une forte présence du parti TIM Raharinaivo.
Aujourd'hui et demain, d'autres tentatives de contrôle des ministères vont apparaître lors des passations de service. On est d'autant plus inquiet que les premiers signes lancés par les ministres, du moins les moins expérimentés en la matière, ne sont pas du tout rassurants.

La réalité est que pour les groupuscules politiques appelés à proposer un ministre, l'objectif premier serait de prendre un ministère pour le maîtriser totalement, de la femme de ménage à la plus haute hiérarchie, afin de placer le maximum de militants mais aussi de gérer un budget, on suppose la suite.
En tout cas, les vécus au ministère de l'Energie et celui de l'Agriculture donnent raison aux citoyens qui se sont positionnés par rapport aux différentes solutions proposées au pays. Autant on n'accepte pas l'imposition extérieure, autant on rejette la solution malgacho-malgache qui se résumerait à un simple partage du gâteau. Ce qu'on constate est pourtant une sordide réalisation d'ambitions politiques à travers la réalisation de la crise.

Demain donc, le président Andry Rajoelina doit s'attendre, en conseil des ministres, à la présentation de décrets portant nomination d'untel ou d'untel à tel poste. Normalement, la pratique ne peut souffrir d'aucune discussion. Mais la situation n'est pas normale, on est en période de transition. Qui plus est, ce gouvernement ne devrait survivre à l'année si l'on se base à la volonté de Andry Rajoelina qui a déclaré, à Moramanga, la fin de la transition à la fin 2011.
Quelles que soient donc leurs ambitions et surtout leurs contraintes vis-à-vis des entités qui les ont proposés au sein du gouvernement, les nouveaux ministres ne devraient pas procéder à un changement de fond en comble de leur département. Chargés de liquider les affaires courantes et de se contrôler les uns les autres pour assurer la crédibilité des prochaines élections, les nouveaux membres du gouvernement n'ont pas à changer le personnel technique s'ils sont animés d'un minimum de bon sens et de patriotisme.

Dans les ministères, on craint d'ailleurs un cyclone sauvage de la part des politiciens nouvellement nommés. Le fonctionnaire de chef de division ou celui de DG n'a, à la limite, rien à cirer de la décision du nouveau patron. C'est le pays qui se sépare de la volonté de ses fidèles serviteurs quand le ministre veut imposer tout son staff, du plus bas au plus haut de la hiérarchie. D'autant plus que ce gouvernement est déjà connu n'exister que durant une période courte de quelques mois.
Aussi, le prolongement du remaniement gouvernemental doit-il se cantonner au changement du cabinet et du secrétaire général de chaque ministère. Le reste doit rester en place. A moins qu'Andry Rajoelina ne veuille une autre crise.

Sa


31/03/2011
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