INFO PREMIER

De la mascarade selon des pétroliers (HAUSSE DE 50 ARIARY/L À LA POMPE)

Colère, incompréhension, dépit. C’est les sentiments qui ont animé des pétroliers à la sortie du « dialogue » qu’ils ont eu hier après-midi avec les ministères concernés à Antaninarenina. Ils expliquent : « Les autorités reconnaissent que la hausse des prix à la pompe devra être de 450 ariary/litre, mais elles ne nous accordent que 50 ariary/litre.

C’est de la mascarade et de l’irresponsabilité ! Car si nous n’avons pas les marges nécessaires pour travailler, il est sûr que nous n’aurons plus bientôt de quoi financer les importations ». Ils rapportent également que lors de la réunion, les autorités ont reconnu la vente à perte que les pétroliers doivent faire faute d’un mouvement haussier des prix à la pompe depuis ces derniers mois. La vente à perte est pourtant interdite. Mais à l’issue de la réunion d’hier, les pétroliers n’ont obtenu aucune mesure d’accompagnement pour maintenir les prix à un niveau acceptable. Les autorités leur ont promis d’étudier la question. L’année dernière, elles leur ont accordé un taux de change fixe pour le dollar, réduit le taux de la redevance du Fonds d’entretien routier (FER)… Cette fois-ci, les pétroliers n’ont droit à rien, du moins jusqu’ici.

Le ministre des Mines et des Hydrocarbures s’est engagé devant la presse hier qu’il serait le premier à défendre les intérêts des pétroliers si vraiment, ces derniers souffrent du maintien des prix. Mais en même temps, l’Etat n’entend pas faire subir aux consommateurs des prix élevés. Cette position est plus que compréhensible dans la mesure où le pays est encore en crise et les entreprises tout comme la population ne peuvent pas subir une poussée inflationniste.
De leur côté pourtant, les pétroliers avancent qu’ils n’ont plus aucune marge et ne peuvent pas non plus donner ce qu’ils n’ont pas aux gérants. Ces derniers ont décidé, entre temps, de ne pas appliquer la fermeture des stations pour demain matin. Ils ont, en effet, réussi à faire rencontrer les autorités concernées et les pétroliers hier. Toutefois, leur sonnette d’alarme a déjà produit des désagréments à certains consommateurs. A Ambatolampy et à Antsirabe par exemple, des chauffeurs de taxi-brousse ralliant la capitale et la partie sud du pays affirment que les stations-service étaient à sec.

De plus, des entreprises et des particuliers se sont fait un stock par crainte de la fermeture des stations-service. Une telle situation présente pourtant un danger non seulement en matière de sécurité mais également pour le marché. Elle peut, en effet, inciter certains à faire du marché noir assorti de prix exorbitants. Des gens étaient prêts à s’engouffrer dans cette « opportunité ». Pour l’heure, le pays dispose de 2 mois de stock.
Mais rappelons que le problème entre l’Etat et les pétroliers porte, entre autres, sur la structure des prix. Deux structures sont actuellement disponibles : il y a celle des pétroliers et celle de l’Etat et une différence de 100 ariary distingue ces deux structures de prix. A plusieurs reprises, l’Etat a reproché aux pétroliers de ne pas être transparents en ce qui concerne la structure des prix.

Devant la position de l’Etat, des experts du secteur estiment que soit ce dernier joue la politique de l’autruche en maintenant les prix à la pompe sans aucune mesure d’accompagnement envers les pétroliers, soit il a une idée derrière la tête. Cette idée pourrait être la remise sur le tapis de l’importation de produits pétroliers par l’Etat. Le précédent régime a ouvert la voie à une telle idée qui n’avait pas été négociée avec le secteur privé. Mais il n’a pas réussi à créer la société pétrolière nationale. Il faut noter d’ailleurs que l’Etat n’a ni les moyens ni le professionnalisme requis pour importer des produits pétroliers. Il s’est défait de la Solima depuis longtemps.

AFP



13/04/2011
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