INFO PREMIER

Déclaration des Etats-Unis: La réponse de la HAT

La Direction de la Communication à la Présidence de la Haute Autorité de la Transition tient à apporter des éclaircissements sur le rapport tenu par le Conseiller en Communication à l'Ambassade des Etats-Unis à Madagascar.
Ces éclaircissements s'avèrent être nécessaires pour que, dorénavant, l'Ambassade des Etats-Unis n'aille plus rapporter des faits non avérés. D'ailleurs, le Service de Communication à l'Ambassade des Etat-Unis sait parfaitement que les portes de la Direction de  la Communication lui sont régulièrement ouvertes pour lui permettre de mener les recoupements utiles des informations que l'on lui a fournies.


Sur les arrestations des dirigeants de l'opposition

Les poursuites judiciaires, engagées contre les concernés, ne tiennent nullement compte de leur appartenance ou opinions politiques, mais sont basées exclusivement sur des délits de droit commun, expressément prévus par les textes en vigueur. Pour donner un exemple concret, lorsque, pour exprimer son désaccord sur la politique extérieure américaine, une personne en arrive à agresser physiquement l'ancien Président des Etats-Unis en lui lançant ses chaussures à la tête, pourrait-on la poursuivre pénalement pour ce fait ou doit-on tenir compte de sa qualité de journaliste et la laisser impunie, au nom de la liberté de presse ou d'expression ?

Sur la détention préventive

Il s'agit d'une mesure prévue par le Code pénal malgache et qui figure d'ailleurs dans l'arsenal juridique de la plupart des pays du monde, y compris d'ailleurs aux Etats-Unis. Dès lors, en la  qualifiant d' « arbitraire », sans s'enquérir des motifs concrets de sa mise en œuvre, le Gouvernement américain semble remettre en cause en même temps son propre système judiciaire.

Sur le droit à une manifestation politique et la liberté de rassemblement

Ce droit a été toujours respecté dans la mesure où il a été exercé, justement, d'une manière pacifique. A preuve, nul n'est sans savoir que durant de nombreux mois,  les partisans des trois mouvances ont pu tenir leurs meetings quotidiens, durant lesquels ils s'expriment librement, sans être inquiétés de quelque manière que ce soit. Ce n'est qu'à partir du moment où ils ont sciemment donné à leurs manifestations une forme violente, se traduisant par des troubles à l'ordre public (destruction de biens d'autrui, entrave à la libre circulation, etc.), que les autorités compétentes ont d'abord imposé des balises à titre préventif (interdiction de la manifestation) puis réagi en conséquence (arrestation des contrevenants et leurs commanditaires). Ce, sur la base du principe universellement reconnu selon lequel « votre liberté s'arrête là où commence celle des autres ».

Sur le droit à un procès équitable

Jusqu'ici, toutes les personnes arrêtées, pour quelque motif que ce soit et quel que soit leur statut, ont été (ou sont prévues être) présentées devant les tribunaux malgaches. Donc, à aucun moment, il n'a jamais été question de leur refuser leur droit à un procès. Quant au caractère équitable ou non des jugements passés ou à venir, il appartient à ceux qui en doutent d'en apporter les preuves. En vertu du sacro - saint principe de la séparation des pouvoirs, même l'Exécutif malgache n'a pas à s'immiscer dans les rouages de la Justice. Dès lors, il est totalement inconcevable qu'un Gouvernement d'un pays tiers se permet de donner, même indirectement, des injonctions aux Magistrats d'une Nation souveraine. Pire, émettre des soupçons sur la probité de ces derniers constitue, ni plus ni moins, un affront à leur égard.

Sur la liberté de la presse

L'existence même, dans le paysage médiatique malgache, d'organes de presse de différentes tendances, y compris les plus extrémistes, prouve que cette liberté est une réalité. Et le Chargé des affaires culturelles américain devrait être bien placé pour le savoir. Mais ici aussi, il semblerait qu'on feint d'ignorer que les rappels à l'ordre (qualifié d' « intimidations »), émis à l'encontre de certains d'entre eux, font suite à des actes qui n'ont absolument rien à voir avec l'exercice du métier, pour tomber sous le coup de la loi en vigueur.  Citons entre autres les appels à la violence, voire au meurtre, entre Malgaches.

Sur la détention dans un endroit inconnu et sans accès à un Conseil légal

Les explications à ce sujet ont déjà été apportées par le premier responsable de l'Administration pénitentiaire malgache et il est étonnant qu'on n'en a pas tenu compte avant d'émettre la moindre remarque à ce sujet. Car, ce  n'est pas aux Etats - Unis d'Amérique qu'on apprend des notions telles que mesures de sécurité, surtout face à des menaces terroristes. D'autant plus que les précautions dont il s'agit concernent en même temps les concernés.

Sur le « droit de ne pas faire l'objet de tortures ou d'un quelconque traitement ou punition inhumaine ou dégradante »

La moindre des choses eut été de s'enquérir de ce qu'il en est réellement, au lieu de s'en tenir à des versions qui, visiblement, ont été outrageusement exagérées. Car, en voyant l'état de santé de l'un des concernés, on s'aperçoit qu'il est loin d'être « entre la vie et la mort », comme rapporté par une certaine presse. Preuve, s'il en est encore besoin, que la première puissance mondiale, malgré ses services de renseignements, censés être parmi les plus performants sur la planète, se base souvent sur des rapports tronqués pour asseoir ses prises de position et ses actions. A titre d'exemple concret, citons les supposées armes de destructions massives irakiennes qui, finalement, n'ont existé que dans l'imagination des agents de la Cia.

Ambohitsorohitra, le 03 Décembre 2010

Le Directeur de la Communication
à la Présidence de la Haute Autorité de la Transition,
Harry Laurent RAHAJASON



04/12/2010
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