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Difficiles négociations avec les militaires mutins...

Le chef d'état-major de l'armée privilégie les discussions avec les officiers retranchés à la BANI pour éviter les affrontements militaires.



Un problème à plusieurs inconnus à régler au plus vite. Si l'option de négociation est privilégiée, la résolution de l'épineux problème de la Base aéronavale d'Ivato (BANI) reste compliquée.

« Un Comité de médiation est mis en place pour mener les négociations », a confié l'un des officiers retranchés à la BANI, hier en début de soirée. Il a fait part de l'une des résolutions obtenues à l'issue de la rencontre de deux heures avec le général André Ndriarijaona, chef d'état-major général de l'armée (Cemgam) à Ivato.
L'officier n'a pas donné d'autres précisions sur la composition du comité, mais il a laissé filtrer un autre « acquis ». « C'est l'engagement d'assurer notre sécurité », a-t-il précisé.

Les deux points évoqués constituent des avancées dans les discussions entre le Cemgam et les officiers du « Comité militaire pour le salut public ». Le général André Ndriarijaona, entouré des chefs de corps, en intervenant au cours d'une conférence de presse à Andohalo hier après-midi, a mis en avant une note positive des pourparlers. « C'est en bonne voie », a-t-il assuré avant de promettre la résolution de la crise « dans les plus brefs délais ». Sans plus.

Mais le chemin reste encore long avant de trouver une issue à la situation. Après trois jours de contact, seul le cadre des discussions est validé par les deux parties.

Point sensible à régler

La hiérarchisation des priorités est l'un des points sensibles que les autorités doivent régler. Le général André Ndriarijaona a d'emblée clarifié sa position dans la gestion du dossier. « Seules les négociations constituent la solution à la situation », a-t-il indiqué. « Si nous ne faisons pas attention, l'affrontement qui pourrait provoquer des dégâts et des conséquences néfastes, ne sera jamais la solution pour l'un ou l'autre camp », a-t-il prévenu.

L'annonce du Cemgam a ainsi relégué au second plan le volet politique de l'affaire. « C'est une action qui s'est déroulée dans un camp militaire. Il faut d'abord régler l'aspect militaire, avant celle du gouvernement », a-t-il insisté avant d'ajouter: « Toute initiative, d'une manière directe ou indirecte, conduisant à la division au sein de l'armée est inconcevable et nous le dénonçons vigoureusement ».

La démarche du Cemgam risque de gêner le gouvernement. L'Exécutif de la transition s'est montré ferme et a promis des sanctions contre « ceux qui bafouent la loi » et face aux « velléités de certains de fomenter des troubles », après la déclaration des officiers « mutins » mercredi. D'ailleurs, leurs revendications de « suspendre toutes les institutions » dépassent le simple cadre militaire et donnent une dimension politique à l'affaire. Ce qui pourrait la compliquer.

Le Premier ministre, le général Camille Vital a anticipé l'intervention du général André Ndriarijaona. Il s'est empressé d'accorder les violons avec ce dernier, du moins pour ce qui est de la voie à suivre pour régler le dossier. « Nous n'avons jamais pensé à attaquer », a-t-il assuré. « C'est une affaire militaire, ce sont des négociations entre militaires. Nous avons voulu que cela ne se déroule pas sous les yeux de la population », a -t-il repris pour justifier l'appel visant à évacuer les résidents de la caserne et la population d'Ivato.

Une évacuation spectaculaire

Le gouvernement a invité hier les civils habitants dans la caserne de la BANI et la population environnante à quitter les lieux momentanément. L'annonce a été faite avant la venue du général André Ndriarijaona pour discuter avec les officiers retranchés dans la caserne.

Ce qui a provoqué une certaine panique parmi la population civile et les écoles ainsi que les magasins ont été fermés, à la suite de l'appel.

Toutefois, les badauds et certains partisans des mouvances des trois anciens présidents n'ont pas voulu rater une hypothétique opération armée et ils ont été dispersés par du gaz lacrymogène. Le général André Ndriarijaona a présenté cette décision comme une mesure préventive.
Il a jugé indispensable l'initiative « pour éviter d'éventuels incidents ».

Iloniaina Alain


20/11/2010
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