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DSK : Les femmes de chambre new-yorkaises crient leur colère

Dominique Strauss-Kahn a eu le droit a un comité d'accueil peu conventionnel à son arrivée à la cour suprême de New York lundi matin : une centaine de femmes de chambres new-yorkaises venues lui crier "Honte à toi !"

La tentative de viol présumée de l'ancien directeur général du FMI sur une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Times Square le 14 mai dernier a mis en lumière les mauvais traitements dont sont trop souvent victimes ces personnels. En plus d'être exposées à des souffrances physiques liées à l'intensité et la répétition de leur tâche, elles opèrent seules et peuvent se retrouver à la merci de clients violents ou abusifs. « Nous sommes exposées à des personnalités très différentes. Un violeur ou un criminel pourrait être dans la chambre. On ne peut pas savoir », rappelle Aissata Boccoum, une Malienne qui travaille depuis quinze ans à l'hôtel New Yorker à Manhattan.

Depuis l'agression sexuelle sur Nafissatou Diallo, le Sofitel New York a autorisé son personnel féminin à porter des pantalons plutôt que des jupes. Un député de l'Etat de New York a même annoncé vouloir proposer une loi pour doter les femmes de chambre d'un « bouton-panique » qui leur permettrait de donner l'alerte en cas de besoin.
DSK sous les huées de femmes de chambre
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Dominique Strauss-Kahn est arrivé au tribunal de New York sous les huées de manifestantes en tenue de femme de chambre, profession de la victime présumée. Leurs slogans étaient audibles à l'intérieur de la salle d'audience, 12 étages plus haut.

« On a peur de perdre notre travail »

Par peur de représailles, ou de perdre leur travail pour celles d'entre elles en situation irrégulière, le silence a longtemps été la règle au sein de cette population discrète, méconnue, qui évolue parfois aux antipodes de la riche clientèle qu'elle doit servir. « Beaucoup d'entre nous ne parlent pas anglais. On a peur de perdre notre travail.
Les directions d'hôtel soutiennent les clients et pas les employés » affirme Asiama, une femme de chambre hispanique qui travaille au prestigieux Plaza Hotel.

Lundi, elles étaient venues en tenue pour accueillir l'ancien patron du FMI. « Nous voulons que justice soit faite. Nous avons le droit d'être protegées » s'exclame Elsa Saenz, du Plaza. Elle promet de revenir manifester à chaque comparution de DSK.

AFP




06/06/2011
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