INFO PREMIER

En quête d’égalité et de justice


Plus que jamais l'insécurité nous interpelle. Les « dahalo » font la loi dans les ruraux, si l'on ne cite que le cas dans le Sud, de l'Horombe et dans le Bongolava.

Les attaques armées sont fréquentes. Pas plus tard qu'en ce début de semaine, il y a eu une attaque auprès des voyageurs à l'entrée d'Ambalavao, puis à Imerimandroso (pas loin d'Ambohidratrimo) il y a eu une autre contre des gens qui s'occupent des enfants, ensuite à Ampitatafika où le magasin Elite fut attaqué. Pour dire qu'une sorte de bandes organisées terrorisent actuellement le milieu urbain. L'acte de banditisme envers un magistrat, conseiller à la Cour d'appel de Toamasina, et cela en plein jour sans aucun vol, reste un cas à méditer.

Cela rappelle deux notions difficiles à cerner que sont la justice et l'égalité. Surtout que malgré le décret interdisant la coupe et l'exportation du bois de rose, des hommes d'affaires dans le secteur continuent à exploiter ce bois précieux. Notamment ceux de la Sava et d'Analanjirofo. Certes, le chef de région d'Analanjirofo réclame ici et là que transparence soit faite en matière, mais des opérateurs – qui malheureusement (pourquoi ?) conservent l'anonymat- signalent qu'il est mouillé dans l'affaire !

Quoi que l'on dise,  les autorités responsables sont incapables de ramener l'ordre et la sécurité dans différentes zones. Nous ne voulons pas attaquer aucun ministre, mais les faits sont là. 

Pourtant, les autorités transitoires étaient si fières de l'acquisition de quatre hélicoptères « Alouette » octroyés aux Forces armées malgaches. Et ce fut le président de la Transition en personne, qui a annoncé que ces hélicoptères seront utilisés dans la lutte contre le grand banditisme dans le milieu rural et pour la surveillance du territoire.

Qu'est-ce qui empêche donc les ministres et les autres « patrons » militaires, de la Police et de la gendarmerie de mobiliser ces hélicos ?

Comme nous l'avons évoqué ci-dessus, il est question de  justice et d'égalité. Cette justice est difficile à cerner actuellement, surtout dans une telle période de Transition. Comment expliquer réellement cet acte de banditisme envers le magistrat de Toamasina, sans rien voler ? Ne s'agit-il pas là d'une pure revanche ou encore d'un sérieux avertissement ? Il est clair que l'acte n'est pas digne d'un pays qui respecte l'Etat de droit, mais il faut bien réfléchir sur certains verdicts décidés par nos magistrats. Ceux qui « jugent en leur âme et conscience », tout en n'oubliant l'existence d'une corruption dans certaines juridictions.

Curieusement, on se demande pourquoi la République malgache n'est pas en mesure jusqu'à nos jours, de mettre sur pied une juridiction censée juger les hautes personnalités de l'Etat, pour mettre fin à l'impunité.

La justice est effectivement une maximisation du bien-être collectif, un principe moral qui exige le respect du droit et de l'équité. Mais, est-ce que ces deux objectifs sont réellement des réalités ? La justice peut aussi se rencontrer dans la vie quotidienne lorsqu'on fait appel à une puissance souveraine pour ne pas laisser faire une transgression par autrui des normes établies.

Etre juste, c'est se doter d'une vertu et d'une qualité morale respectant les droits d'autrui. Ce qu'il ne faut tout de même pas oublier, c'est que la liberté s'arrête là où commence celle des autres.

Quant à l'égalité, c'est une autre notion. Est-ce légal, si des gens appliquent la justice populaire contre des voleurs pris en flagrant délit, dans une situation précise ? L'égalité se rapporte à une question quantitative et référentielle. La notion absolue du terme est un compromis dans sa forme mais une évidence dans son contenu.

En langage populaire, une maxime dit «  ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaites point qu'il te fasse ». Un véritable appel fort à la vertu et à la bonne foi des gens qui souhaitent réellement un monde juste et humain.

Ce qui appelle les différents responsables de l'organisation de la future conférence nationale, à disposer des idéaux misant sur l'unité et la réconciliation dans la diversité. S'il y a divergence de vues, où est le mal si l'on crée d'abord un comité d'organisation où les différentes entités concernées seront représentées ? 

En tout cas, chacun de nous sera à la fois responsable et tributaire de cette équité, base de notre dignité.

James R.



20/08/2010
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