INFO PREMIER

Exportation de l’or: Le trafic légalisé !

L'or n'est plus interdit à l'exportation. Il est désormais considéré comme n'importe quelle substance minière. Comme un simple cristal de roche ou des substances plus nobles telles que l'émeraude ou le saphir. C'est le directeur des Mines qui l'a annoncé à la presse, hier en son bureau à Ampandrianomby.
D'après Filemona Andrianjarasoa, la disposition relative à ce minerai précieux a été, en effet, modifiée par la nouvelle ministre des Mines qui a notamment pris un arrêté autorisant l'exportation d'or.



L'intervenant n'a pas donné des détails sur la teneur de l'arrêté qui habiliterait l'exportation des 52 kg d'or évoqués dans notre édition d'hier.
Les réponses évasives de ce responsable semble indiquer qu'il a été appelé à intervenir pour habiliter l'exportation d'or. A preuve, l'acheminement des lingots d'or de 52 kilogrammes, collectés dans différents endroits, les 03 et 04 avril derniers vers l'aéroport international d'Antananarivo. Lors de son allocution, le directeur des Mines a notamment déclaré que l'opérateur malgache intercepté par la gendarmerie à Ivato le 03 avril dernier pour exportation de ce métal jaune, disposait des papiers nécessaires. « Il avait suivi les procédures légales ».

Lors de cette conférence de presse, il a défendu la décision du ministère d'autoriser l'exportation de l'or. « En tant que produit minier, l'or permet d'enrichir la trésorerie malgache et l'économie en général », a déclaré ce responsable. Il se réjouit d'ailleurs que depuis la mise en place de cette mesure, le ministère des Mines a enregistré l'exportation de 101 kg d'or durant le premier trimestre. D'après le même responsable, ces exportations équivalent à des rentrées en devises de 8 milliards d'ariary à la Banque centrale de Madagascar.
Il soutient par ailleurs que l'Etat récolte des subsides à travers les redevances et taxes qui ne représenteraient que 2 % de la valeur de la marchandise. Sur ces envois par exemple, le responsable révèle « fièrement » que l'Etat a reçu 110 millions d'ariary.

En fait, la politique du ministère s'apparente à une grande braderie qui donne la part belle aux étrangers. Les formalités administratives sont très facilitées. C'est le cas notamment de la justification du métal jaune par le laboratoire des mines, les procédures nécessaires auprès du service des mines, de la Gendarmerie nationale et de la douane. En 24 heures, toute la procédure est terminée.

Pis, le ministère a renforcé les facilités en réduisant  les prix de justification de la qualité, déterminant le pourcentage de l'or. En effet, le coût de justification de 5.000 ariary par gramme est descendu à 2.000 ariary et même à 1.500 pour une quantité de plus de 5 kg.
En fait, l'exportation de l'or est une aubaine pour le ministère qui pense ainsi contribuer à l'enrichissement des Malgaches.

Les dispositions prises s'apparentent cependant à un encouragement à la dilapidation des richesses nationales pour un taux de 2% de redevance et ristourne. Pour un malheureux taux de 2%, ce ministère se réjouit à vendre les ressources de la Grande Ile. Avec un tel taux, les exportateurs aurifères sont invités voire « obligés » d'exporter encore plus d'or, une ressource naturelle, qualifiée de non renouvelable.

Madagascar est-il en train de légiférer sa grande braderie ?

En tout cas, la dilapidation des richesses aurifères autorisée par la ministre des Mines risque de donner raison aux « voyous » du bois de rose. La ministre Daniella Randroafeno n'est-elle consciente de ce qu'elle fait

Ravolatsara


10/04/2012
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