INFO PREMIER

Feu vert de l'ONU au recours à la force pour stopper Kadhafi

Alors que Kadhafi a annoncé un assaut contre Benghazi, fief des rebelles, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi soir par 10 voix la résolution en faveur du recours à la force en Libye. La France plaide pour des frappes aériennes sous peu.

Aussitôt l'annonce du vote, la liesse s'est emparée de Benghazi, fief des insurgés en Libye : une foule agitant des drapeaux tricolores datant de la monarchie s'est rassemblée dans le centre de la ville, des coups de feu de joie ont retenti et de nombreux pétards ont été allumés dans ce bastion de l'insurrection anti-Kadhafi.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est prononcé jeudi soir pour l'instauration d'une zone d'exclusion dans le ciel libyen et autorisé "toutes les mesures nécessaires" (comprenez, des actions militaires en langage diplomatique) pour assurer la protection des populations civiles face à l'armée de Mouammar Kadhafi. Ce texte, coparrainé par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Liban, a été adopté par dix voix pour et cinq abstentions. Parmi les abstentionnistes, deux pays détenteurs du droit de véto -la Russie et la Chine- et l'Allemagne.

Juste avant le vote, Alain Juppé avait défendu le texte devant les 15 pays membres du Conseil de sécurité, jugeant que "c'est une question de jours, c'est peut-être une question d'heures". "Chaque jour, chaque heure qui passe alourdit le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules. Prenons garde d'arriver trop tard, ce sera l'honneur du Conseil de sécurité d'avoir fait prévaloir en Libye la loi sur la force, la démocratie sur la dictature, la liberté sur l'oppression", a-t-il ajouté.
Intervenant quelques heures auparavant dans le 20h de TF1, le ministre des Affaires étrangères avaient affirmé que qu'une fois le feu vert de l'ONU, "la France (était) disponible (...) nous sommes prêts" pour cette "opération conjointe" sous l'égide des Nations Unies.
Une opération (des raids aériens donc) qui, selon des  sources proche du dossier et diplomatiques françaises, pourrait débuter dans la nuit de jeudi à vendredi.  C'est "une question de jours, peut-être d'heures", a abondé le chef de la diplomatie française. "Il ne s'agit pas d'occuper" le pays, mais bien de frappes aériennes, avait-il précisé.

Les menaces de Kadhafi

N'attendant pas le vote de fin de soirée, la réponse libyenne est arrivée jeudi après-midi : "Tout acte militaire étranger contre la Libye exposera l'ensemble du trafic aérien et maritime de Méditerranée à des dangers, et des (installations) civiles et militaires deviendront des cibles de la contre-attaque libyenne, a mis en garde le ministère libyen. "Le bassin méditerranéen sera confronté à un risque non seulement à court, mais aussi à long terme".

Autre contre-attaque du leader libyen au pouvoir depuis près de 42 ans, Mouammar Kadhafi a affirmé, dans un discours sonore adressé aux habitants de la ville retransmis jeudi soir à la télévision, que les forces gouvernementales allaient attaquer dans la soirée la ville de Benghazi, bastion de la rébellion situé à un millier de km à l'est de Tripoli.
"La décision a été prise. Préparez-vous, nous arrivons dès ce soir. Nous allons chasser les traîtres de Benghazi." Parallèlement, l'armée libyenne a annoncé jeudi l'arrêt à partir de dimanche de ses opérations militaires contre l'insurrection, pour donner une chance aux "terroristes" de déposer leur armes et de profiter d'une grâce, a rapporté l'agence libyenne Jana.

Après avoir repris plusieurs villes de l'Est aux insurgés ces derniers jours, les forces loyales au colonel Kadhafi sont "aux portes" de Benghazi, avait indiqué plus tôt la télévision officielle, ce que les insurgés ont démenti. Selon eux, les forces libyennes sont encore loin. Mais selon Washington, elles se trouvaient jeudi à 160 km de de là.

Les rebelles ont aussi affirmé avoir abattu un avion tentant de bombarder Benghazi, à un millier de km à l'est de la capitale. Les insurgés ont en outre démenti la prise de Misrata, à quelque 200 km à l'est de Tripoli, indiquant que 18 "martyrs", dont trois civils, sont tombés dans les combats de mercredi.

AFP


18/03/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres