INFO PREMIER

Forces armées Mutinerie d'officiers à Ivato

Des officiers ont déclaré la dissolution de toutes les Institutions. Ils ont annoncé la création du Comité militaire de salut public.

Les officiers après la lecture de leur première déclaration par le colonel Charles Randrianasoavina.

Coup monté ou coïncidence. Des officiers un peu étiquettés à cause de leur parcours lié aux évènements politiques semblent répondre favorablement à l'appel des politiciens.

Regroupés au sein du Comité militaire pour le salut public, ils ont choisi le jour du référendum constitutionnel du 17 novembre pour se manifester. Une déclaration de dissolution des toutes les Institutions en place s'est effectuée, hier, au Cercle mess de la Base aéronavale d'Ivato (BANI).

Les généraux et colonels Raoelina, Noël Rakotonandrasana, Charles Randrianasoavina, Faustin Andriambahoaka, Coutiti Assolant, Vincent Toto Raberanto ainsi qu'une dizaine d'autres officiers se sont ainsi engagés dans un même combat. Dans une première déclaration lue à haute voix par le lieutenant-colonel Charles Randrianasoavina en présence de ses compagnons et devant quelques membres de la presse, ils ont exigé la libération des détenus pour des raisons politiques et le retour des exilés afin qu'ils puissent contribuer « à la reconstruction de la patrie ». Et que l'expédition des affaires au niveau des ministères serait confiée aux secrétaires généraux de départements ministériels.

Quelque temps après, avant de rejoindre Mamory Ivato juste pour rassurer les partisans du mouvement qui y ont déjà créé des attroupements, le lieutenant-colonel Charles Randrianasoavina a lancé à l'endroit des officiers, des sous-officiers et des soldats un appel au ralliement à la Garnison d'Ivato.

Joint au téléphone, le porte-parole des officiers mutins a confié que pour l'instant, deux camps sont avec eux à savoir la BANI et la RFI. « Nous allons organiser la défense de camp, ce soir. Demain, des représentants des autres camps devront nous rejoindre. Nous allons également sortir. Mais je ne peux pas dire ce qu'on va faire. C'est une question de stratégie (...) La population est également avec nous », a-t-il avancé fermement.

Réunion d'urgence

Dans le camp du gouvernement, une réunion d'urgence des principaux responsables de la défense et de la sécurité dirigée par le Premier ministre Albert Camille Vital s'est tenue à Mahazoarivo face à la situation. Entouré, entre autres, du ministre des Forces armées et du secrétaire d'État à la Gendarmerie, le chef du gouvernement a qualifié l'acte des officiers de sabotage au référendum. « Des mesures sont prises contre ces officiers », a-t-il affirmé en s'adressant, par la suite, aux Forces armées qui, d'après lui, devraient respecter la hiérarchie et la discipline militaire. Sollicité, le chef d'état-major général de l'armée malgache, le général André Ndriarijaona, aurait refusé de négocier avec les mutins.

Andry Rajoelina, président de la Transition, a fait sa première réaction sur la mutinerie à la Base aéronavale d'Ivato en début de soirée, hier. Venu assister à la décompte des voix au bureau de vote où il a fait son devoir dans la matinée à Ambatobe, il a profité de l'occasion pour faire une déclaration à la presse. Selon l'homme fort de la Transition, les mutins sont entrés en communication directe avec lui pour exiger sa démission. « Des colonels que je connais et qui participent à cette mutinerie m'ont appelé par téléphone aujourd'hui pour me menacer de mort si je ne démissionne pas. Je ne démissionnerai pas car je n'ai pas peur et je sais que Dieu me protège et m'a toujours protégé », a lancé d'un ton ferme le président de la Transition accompagné de sa femme ainsi que de quelques ministres.

Fano Rakotondrazaka et Mahefa Rakotomalala



18/11/2010
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