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FRANCE Argent public....

Nos anciens ministres méritent-ils plus de protection que leurs collègues allemands, britanniques, espagnols ou italiens ? On pourrait le croire, en comptant le nombre de gardes du corps qui restent à leur disposition, plusieurs années après qu'ils ont quitté leurs fonctions. En réalité, l'Etat français est moins soucieux des deniers publics que nos voisins européens.
Résultat : le nombre de gardes du corps affectés à des personnalités à la retraite, de droite comme de gauche, est proprement démentiel.

Premier exemple : Michèle Alliot-Marie.

Elle est le député français qui coûte le plus cher au contribuable. Pas moins de 5 CRS sont affectés, 24 heures sur 24, à la protection de sa résidence secondaire de Ciboure (Pyrénées-Atlantiques).
Elle n'y dort pourtant que le vendredi, habitant le reste de la semaine à son domicile de Neuilly-sur-Seine… lequel n'est pas gardé ! Absurde. La surveillance à Ciboure, par le jeu des vacations de postes, mobilise une grande partie de l'effectif d'une compagnie de CRS. Tout cela au nom d'un soi-disant risque présenté par les militants de l'ETA réfugiés en France. Alors que cette organisation terroriste ne s'est jamais attaquée à un politique français depuis plus de quarante ans d'activité clandestine dans l'Hexagone…

Frais de transport d' Alliot-Marie.
Quel était le montant des dépenses en frais de transport de Michèle Alliot-Marie en 2009 lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur puis ministre de la Justice ?
En 2009, Michèle Alliot-Marie a dépensé 266 682 euros en frais de transport.
Michèle Alliot-Marie s'est déplacé en avion 53 fois en métropole et 6 fois à l'étranger.

Michèle Alliot-Marie a dépensé 58 700 euros auprès du voyagiste AEV (American Express).

Michèle Alliot-Marie a dépensé 207 982 euros en utilisant les avions de l'Etec ( escadron de l' armée de l' Air chargé du transport du Président et du gouvernement).

Deux policiers de garde, c'est six policiers en service

Lors que vous voyez deux policiers en faction devant le domicile d'un responsable politique, il faut en réalité multiplier leur nombre par trois, comme nous l'avait confié feu l'ancien secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Robert Pandraud : « Deux policiers plantes vertes qui assurent la protection d'une personnalité devant son domicile pendant huit heures d'affilée, cela se traduit en termes d'effectif total par 8 policiers. Deux en service, deux en repos, deux qui restent au cantonnement à regarder la télévision et… deux malades ».
Si l'on en croit ce calcul, quand 5 CRS sont affectés en permanence à la protection du domicile de Michèle Alliot-Marie à Ciboure, il faut donc multiplier le chiffre de cinq policiers en place physiquement par quatre pour obtenir le nombre de fonctionnaires mobilisés en permanence pour cette garde. Soit une vingtaine de CRS pour chaque tranche de huit heures de garde.

De plus, la députée est escortée en permanence par deux policiers du SPHP (Service de protection des hautes personnalités) et deux autres de la police nationale en poste localement. Faisons les comptes… Au Pays basque, MAM reste donc protégée 24 heures sur 24 par 9 policiers, dont 5 CRS et 4 civils.
Curieusement, selon les témoignages des journalistes locaux, aucun d'entre eux ne porte de gilet pare-balles.

CRS en maillot de bain

La protection du domicile de MAM à Ciboure est donc ruineuse pour le contribuable, nous l'avons vérifié. Le 25 mai dernier, il faisait 34° en plein midi. La villa blanche de la ministre, à deux étages et aux volets marron clair, est facilement reconnaissable dans le quartier Pocalette, charmant petit port de pêche de la localité. C'est la seule devant laquelle le stationnement est interdit, sauf pour la Ford Mondeo banalisée, grise, de police.
A l'épaule, un policier porte un écusson frappé du sigle SPI (Section de protection et d'intervention), qui regroupe les tireurs d'élite au sein de chaque unité de CRS. Appartenant comme lui à la CRS 25 de Pau (remplacée depuis par la CRS 24 d'Agen), quatre autres de ses collègues, revêtus de l'uniforme bleu réglementaire, essaient d'échapper à la canicule, à quelques dizaines de mètres, dans un break Mondeo blanc et une fourgonnette Ford, toutes portières ouvertes.
Nous sommes alors témoins, avec notre photographe, d'une scène étonnante. Les allées et venues du break Mondeo nous intriguent. Nous le suivons. A chaque fois, le véhicule s'immobilise sur un parking à 500 mètres de la grande plage. Redevenu civil, un CRS sort du break vêtu d'un maillot de bain, une serviette à la main, puis il se baigne pendant une vingtaine de minutes.
Ensuite, il rejoint vite fait son collègue resté au volant du break Mondeo, qui démarre aussitôt. Dix minutes plus tard, le break et ses occupants en uniforme se replacent en faction devant la maison de la députée. L'opération baignade ne dure pas plus de quarante minutes pour chaque fonctionnaire.
Tout cela montre bien le gaspillage créé par la garde statique du domicile de l'ancienne ministre. Un seul CRS suffirait à remplir cette tâche…

« Plantes vertes » au château de VGE

Autre gaspillage en matière de « plantes vertes » : celui de la protection du château de l'Etoile, l'une des résidences secondaires de l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing.
C'est François Mitterrand qui, en 1985, a attribué 15 gendarmes à l'ex-chef de l'Etat pour protéger sa résidence avec piscine, tennis, étang privé, église abbatiale et garde-chasse. Ce qui fait de VGE le personnage politique le plus cher pour le contribuable français, en termes de protection, à l'exception de Nicolas Sarkozy (120 gardes du corps au total) et du premier ministre François Fillon (37 gendarmes et 6 gardes du corps).
Aujourd'hui protégé par seulement 6 gendarmes, le château de Bity en Corrèze a été gardé par 37 gendarmes jusqu'au départ de l'Elysée de son propriétaire, Jacques Chirac, en mai 2007.
Sur le territoire de la commune d'Authon, dans le département du Loir-et-Cher, le château de l'Etoile (construit à partir du XVe siècle et classé à l'inventaire des monuments historiques) reste hors de vue des curieux. Situé au fond d'une petite cuvette boisée, l'endroit surgit de nulle part au milieu de champs de céréales et de fermes de la Beauce. Nul signe aux abords d'une présence policière. En réalité, se cachent soigneusement 15 gendarmes dans un cantonnement à l'extrémité d'un sentier. Jeunes pour la plupart et désœuvrés, ces militaires tuent le temps comme ils peuvent, s'exerçant notamment au tir.
 Leurs contacts avec l'extérieur sont quasiment inexistants. Ils se résument à faire rebrousser chemin aux chercheurs de champignons et aux chasseurs s'approchant un peu trop près du château qu'aucun panneau « propriété privée » n'annonce.

La protection n'est pas très sérieuse, nous avons pu circuler et prendre des photos.
Deux gendarmes suffiraient à accomplir ces tâches de « gardiennage », l'ancien président rémunérant lui-même un garde-chasse. Par ailleurs, l'Etat met à la disposition de l'ex-président deux gardiens de la paix devant son domicile parisien, une voiture avec chauffeur et deux gardes du corps du SPHP. Gratuitement.

Vos impôts engraissent les gros...


Par Yvan Stefanovitch
France Soir !


22/06/2011
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