INFO PREMIER

Gouvernement Marchandage sur les grands ministères

Les consultations semblent se faire en toute discrétion à Ambohitsorohitra.
Une apparence trompeuse, étant donné qu'en coulisses, les marchandages font rage.


Les entrées et sorties à Ambohitsorohitra se font dans l'anonymat total. Les consultations des ministrables se déroulent à « huis clos ». Aucune indiscrétion ne filtre du palais présidentiel. Même les noms des pressentis ne sont pas enregistrés.
Il est d'autant plus difficile d'avoir des informations que les visiteurs arrivent et partent en voiture sans aucune possibilité de les dévisager.
Hier, la seule personnalité connue était l'ancienne ministre de la Justice Christine Razanamahasoa. On doute qu'elle était venue pour négocier sa reconduction.

Ministères régaliens

Le comble est que même les entités ayant proposé des noms affirment ignorer ce qui se passe. « Nous ne savons pas si les personnalités que nous avons proposées avaient déjà été consultées ou non », révèle un dirigeant d'un parti membre de l'Espace de concertation politique. Même son de cloche du côté de Holder Ramaholimihasy, conseiller spécial de Rajoelina. « J'ignore le nombre de personnalités consultées. Tout ce que je peux dire, c'est que tant qu'il n'y a pas d'annonce, c'est que les consultations continuent », souligne-t-il.

Rajoelina et Vital jouent ainsi les prolongations. Ce qui laisse supposer une certaine difficulté, moins sur le choix des personnes que sur l'attribution de certains ministères régaliens. Certes, les politiciens, en particulier les huit principaux regroupements des partis, n'ont pas exigé une clé de répartition dans ce sens pour éviter le même blocage qu'à Addis-Abeba, mais cela n'empêche pas les convoitises et les pressions.

Comme Rajoelina lui-même avait annoncé que les candidats malheureux au poste de Premier ministre seraient casés ailleurs, cela a donné des idées à certains. Ainsi, Pierrot Rajaonarivelo aimerait bien retrouver les Finances, porte-feuille âprement disputé par Zaza Ramandimbiarison.
Un dilemme pour Rajoelina entre deux personnalités de taille, candidats quasi-certains aux présidentielles. Leur objectif ne serait donc pas fortuit. Le premier n'a jamais caché son ambition qui va crescendo. Rajaonarivelo tire sur tout ce qui bouge et fait comme s'il n'avait pas fait voter non au référendum. Sa « boulimie » semble faire peur.

Le second, tout en étant directeur de cabinet de Rajoelina, a publié un programme de développement digne d'un Président. Les deux hommes lorgnent, à défaut des Finances, un poste de vice-Premier ministre.

Les autres « finalistes » malheureux de Mahazoarivo,en l'occurrence Dina Jeanne Fotomanantena, Alain Tehindrazanarivelo, José Vianney, Claude Manakana, Yves Aimé Rakotoarison, auraient aussi des visées sur les ministères importants. Le propre d'un marchandage étant de mettre la barre assez haut pour qu'elle retombe au point calculé et correspondant à la carrure du candidat.
La Justice, l'Intérieur, la Sécurité, les Mines et hydrocarbures, l'Éducation, l'Aménagement du territoire, la Santé, les Affaires étrangères, la Pêche, l'Énergie sont ainsi dans le collimateur. Mais il y en a qui sont prêts à tout accepter, même les ministères sans budget, qu'il va falloir inventer ex-nihilo.

Iloniaina Alain et Sylvain Ranjalahy



25/03/2011
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