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Jean-Marc Châtaigner: « Le référendum, un fait politique à prendre en compte... »

La tenue du référendum constitutionnel devrait être une solution démocratique à la crise malgache, après les différents échecs de négociation visant à mettre en place une transition neutre.
C'est dans ce contexte que l'ambassadeur de France, Jean-Marc Châtaigner, nous a livré ses impressions par rapport au référendum, mais aussi sur ce coup d'Etat raté du 17 novembre. Le diplomate français n'a pas aussi manqué de toucher mot sur le retour imminent de l'ancien président Didier Ratsiraka. Interview.


* Le référendum constitutionnel s'est tout de même tenu, la tendance semble indiquer la victoire du « oui ». Quel en est votre point de vue sur ce scrutin ?

-  Après le référendum, la situation est calme et stabilisée. Je constate pour ma part que le référendum s'est plutôt bien déroulé sans incident majeur. Il n'y a eu ni bureau de vote attaqué ou brûlé, ni panne d'électricité. Chacun a pu voter comme il voulait ou s'abstenir. Maintenant, il faut voir comment ce processus pourra être pris en compte dans une dynamique de sortie de crise. Je crois qu'il est important que la communauté internationale prenne compte de ce référendum, mais aussi des étapes antérieures qui ont été la conférence nationale et l'accord politique d'Ivato. Et que la communauté internationale discute avec les autorités de transition et toutes les forces politiques et sociales pour définir un cadre commun de sortie de crise. Il est maintenant important que la communauté internationale fixe un certain nombre de conditions d'accompagnement du processus.

* Des conditions d'accompagnement, dans quelle optique ?

- Il faut mettre fin à la crise politique. Il s'agit maintenant de fixer, alors que les efforts de médiation entrepris depuis un an et demi n'ont pas abouti, les conditions d'un accompagnement du processus électoral par la communauté internationale pour que celui-ci soit crédible et reconnu. J'espère, donc, beaucoup du déroulement de la mission de l'émissaire du Président Chissano, le Dr Léonardo Simao, qui est arrivé hier, pour que cette position soit clairement discutée et qu'un accord se dégage sur un chemin de sortie de crise. La population malgache aspire dans son immense majorité à sortir de cette crise. La communauté internationale doit accompagner cette aspiration. Mais Il faut aussi, bien entendu, que cette sortie de crise se passe dans le respect des normes internationales telles que définies par l'ONU ou l'Union africaine que Madagascar s'est engagé à respecter en adhérant à ces organisations.  Les élections doivent  être préparées, contrôlées, surveillées conjointement. Le processus électoral doit être neutre et indépendant des autorités. Le calendrier électoral soit discuté avec la communauté internationale pour remédier aux dysfonctionnements constatés par exemple dans les listes électorales.

* Le coup d'Etat de la BANI a-t-il changé votre perception du déroulement du référendum ?

- La France a condamné ce coup de force. Il n'existe pas de solution militaire, et faire un coup de force ne résout en rien les problèmes actuels à Madagascar. La seule solution qui existe est forcément une solution politique entre les acteurs malgaches fondée sur les principes de dialogue,  de réconciliation nationale et de respect mutuel. A ma connaissance, le déroulement de cette mutinerie n'a pas particulièrement perturbé le vote référendaire et n'a pas empêché les électeurs d'aller voter.

* Après le remaniement en France, la politique étrangère vis-à-vis de Madagascar a-t-elle changé ?

- La politique française vis-à-vis de Madagascar est comprise dans la continuité. Notre seul objectif pour Madagascar depuis le début de la crise, il n'a jamais changé, est l'établissement d'un ordre constitutionnel démocratique stable dans lequel tous les citoyens malgaches puissent se reconnaître. Les grandes orientations de la politique étrangère française restent naturellement dictées par le Président de la République, Nicolas Sarkozy.

* Etes-vous au courant du retour imminent de l'ancien président Didier Ratsiraka ?

- J'ai lu dans les journaux, comme beaucoup de Malgaches, qu'on parlait beaucoup de son retour. Je pense que Didier Ratsiraka a joué un rôle historique à Madagascar et qu'en tant qu'ancien chef d'Etat il doit être respecté. Peut-être un statut le moment venu, devra-t-il lui être conféré. Mais, ce n'est pas à moi de me prononcer sur son retour.

 Lambo Tahiri



27/11/2010
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