INFO PREMIER

La Grèce dément vouloir quitter l'euro.

La Grèce va-elle renoncer à la monnaie unique et entraîner une catastrophe économique dans son sillage dans toute la zone? C'est une thèse que le site de l'hebdomadaire allemand «Der Spiegel», réputé pour son sérieux, a développée ce vendredi, en se basant sur une note interne du ministère allemand des Finances.


L'article a engendré une nuée de démentis... et la chute de l'euro. Vers 20 heures, la monnaie européenne valait 1,4375 dollar contre 1,4541 dollar jeudi vers 23 heures. Il s'échangeait encore vers 1,45 dollar avant la publication de ces informations. Athènes a démenti formellement et dénoncé une manœuvre spéculatrice, tandis qu'une réunion secrète de l'Eurogroupe pourrait se dérouler à Luxembourg.
Selon le «Spiegel Online», face aux manifestations quasi-quotidiennes, le Premier ministre grec Georges Papandréou examinerait un éventuel abandon de l'euro et le rétablissement de la monnaie de son pays. Athènes aurait «émis des signaux» en ce sens au cours des derniers jours auprès de Bruxelles et de pays partenaires. Le scénario serait alors catastrophique selon une note interne du ministère allemand des Finances que le site s'est procurée.

Le président de l'Eurogroupe nie la tenue d'une réunion secrète

Si la Grèce quitte la zone euro et se dote d'une nouvelle monnaie nationale, «cela va conduire à une dépréciation considérable de la nouvelle monnaie nationale par rapport à l'euro», selon cette note.
Une chute de 50% du cours est envisagée, la dette de la Grèce flamberait encore davantage «et une restructuration serait inévitable», «un changement de monnaie provoquerait une fuite des capitaux», lit-on encore dans cette note.

Une note «que le ministre Wolfgang Schäuble a emporté avec lui à Luxembourg», ajoute le «Spiegel». Une réunion secrète serait prévue ce vendredi soir dans cette ville du Grand-Duché. Jean-Claude Juncker, le chef de l'Eurogroupe a aussitôt démenti la nouvelle. La chaîne publique allemande ARD et le «Wall Street Journal» maintenaient toutefois qu'une réunion était prévue. Le site américain annonce même que la réunion concernerait l'aide à la Grèce et au Portugal. Les ministres des finances français et allemand y participent tout comme M. Juncker, mais il n'est pas question d'un abandon de l'euro par la Grèce. Aucun porte-parole du ministère allemand des Finances n'a pu être joint.

«L'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro est totalement fantaisiste», a réagi la ministre française des Finances, Christine Lagarde, sans faire mention de la réunion. Jeudi, elle avait d'ailleurs réaffirmé qu'une restructuration de la dette grecque n'était pas à l'ordre du jour.

Athènes : «De tels articles sapent l'effort de la Grèce»
Un démenti catégorique est venu d'Athènes. «Des articles de ce type sapent l'effort de la Grèce et ne servent que les spéculateurs, nous opposons un démenti catégorique» à cette information, a réagi à chaud une source des services du Premier ministre grec, dans une déclaration à l'AFP.

«De tels articles constituent une provocation, sapent l'effort de la Grèce et de l'euro et servent des jeux spéculatifs», a par la suite déclaré le ministère grec des Finances en dénonçant «l'inconcevable légèreté» des rédacteurs de l'article du Spiegel, au vu «des démentis répétés du gouvernement grec et de ceux des autres membres de l'UE», à une perspective de sortie de la Grèce de la zone euro.

La Grèce s'était déjà affirmée victime, le 21 avril, d'une attaque spéculative, après la diffusion d'un courriel évoquant une possible restructuration de sa dette en plein week-end de Pâques. La justice grecque a ouvert une enquête sur cette affaire, lancée selon la presse par un responsable de la banque américaine Citigroup pour faire bouger les marchés.

Une restructuration de la dette grecque de plus en plus envisagée

L'affaire intervient sur fond de rumeurs croissantes sur les places financières sur l'inéluctabilité d'une restructuration de la dette publique grecque, qui dépasse les 150% du PIB, quelque soit la forme (décote, réechelonnement ou autre) que prendrait une telle opération. Nombre de responsables allemands plaident aussi en faveur d'un tel règlement, qu'Athènes et la Banque centrale européenne notamment excluent pourtant catégoriquement, invoquant notamment les dommages pour les banques et fonds de pension grecs.
AFP


10/05/2011
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