INFO PREMIER

La justice malgache a tranché Marc Ravalomanana, a été condamné.

La justice malgache a tranché. L'ancien président de Madagascar, Marc Ravalomanana, a été condamné ce samedi par contumace aux travaux forcés à perpétuité.


Un report d'audience, et deux journées d'audience plus tard, la cour criminelle ordinaire de Tananarive a rendu son verdict ce samedi sur l'affaire du carnage du 7 février 2009 à Ambohitsorohitra. Marc Ravalomanana, l'ancien homme fort de Madagascar, a ainsi été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et complicité de meurtre. 18 autres co-accusés se sont vu infligés la même peine.

Avec Marc Ravalomanana, et pour la même sentence, sont condamnés :

- le général Raoelina qui a été reconnu coupable d'avoir été le donneur d'ordre direct

- le colonel Ralamboarison Serge

- le gendarme GP2 Fikisy Lidy, tireur d'élite qui a délibérément fait feu sur la foule, parmi d'autres tireurs embusqués, à l'intérieur du palais d'Ambohitsorohitra, dont le caporal Jeannot Fatima, l'adjudant Kotokely Manahirana, le colonel Ambroise Razanakoto, le colonel Jadifara, le capitaine René Berthin.

Il y a eu d'autres condamnés à perpétuité, ils sont quatorze au total pour être plus précis, mais ces condamnés sont les plus connus du public. Par ailleurs, ont été condamnés à deux ans d'emprisonnement avec sursis.

- le commissaire Rakotovao Nambinintsoa (Nambininy)

- Richard Randrianarimanana, directeur adjoint de la sécurité présidentielle

- Randrianandraina Ralitera.

Au total, ils étaient 18 co-accusés qui ont comparu devant la cour criminelle.

Quant à Odilon Parfait, il a été relaxé au bénéfice du doute.

Des mandats d'arrêt contre les condamnés ont été délivrés à l'audience, la cour a par ailleurs ordonné l'indemnisation des victimes, 20 millions d'Ariary pour chaque personne tuée ou disparue, à condition que les preuves soient bien établies, une somme variant de 100.000 à 10 millions d'Ariary pour les blessés.

 Marc Ravalomanana, exilé en Afrique du Sud depuis mars 2009, voit à travers cette condamnation « un moyen de m'exclure des élections futures ». Hanitra Razafimanantsoa, un des avocats de la partie défendrice, estime que l'une des voies possibles désormais, est le pourvoi en cassation.

Dès le début des audiences en milieu de semaine, par deux fois, les avocats de la défense ont quitté l'audience pour manifester leur colère face à ce qu'ils estiment être des « violations flagrantes des droits de la défense ». Jusqu'au bout, ils ont insisté sur le caractère suspensif du procès et ont persisté à demander le report, sans résultats.

Hier, l'ancien Premier Ministre au temps de Marc Ravalomanana, avait témoigné par écrit lors du procès en indiquant : « Marc Ravalomanana ne devrait pas s'impliquer dans le commandement de la sécurité du palais. Certes, il est le chef suprême de l'armée mais cela reste juste un titre honorifique. Par ailleurs, je ne connais pas le donneur d'ordre de cette hécatombe d'Ambohitsorohitra»

Le 7 février 2009, au plus fort de la crise, Monja Roindefo venait d'être nommé Premier Ministre par andry Rajoelina sur la place du 13 mai. Plusieurs milliers de personnes se sont alors dirigés vers le palais d'Etat d'Ambohitsorohitra, afin d'y installer Monja Roindefo. A l'approche du palais, la garde présidentielle avait ouvert le feu, tuant plus de 30 personnes selon les chiffres officiels, et faisant des centaines de blessés.


La mouvance Ravalomanana garde le cap..


Marc Ravalomanana a été condamné ce samedi par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Le verdict de la cour criminelle ordinaire de Tananarive a soulevé de vives réactions auprès des partisans de l'ancien président, à Madagascar comme à l'étranger.

Fetison Rakoto Andrianirina, porte parole de Marc Ravalomanana, avoue ne pas « y accorder aucune importance particulière ». L'homme fort de la mouvance Ravalomanana estime par ailleurs que « Andry Rajoelina a raté l'occasion de se comporter, pour une fois, comme un homme d'Etat. D'ailleurs, cela va compliquer davantage ses relations avec le peuple malgache et en particulier la recherche de solution de sortie de crise ».

Même réaction du collectif GTT qui émet de sérieux doutes sur « l'indépendance de la justice malgache ». Concernant ce procès du 7 février, 18 autres co-accusés ont été aux travaux forcés à perpétuité. La condamnation par contumace de Marc Ravalomanana n'altère néanmoins pas la conviction de ses partisans, à l'image de Fetison Rakoto Andrianirina : « Cette situation va encore nous conforter dans notre position de toujours vouloir remettre en cause ce pouvoir de fait et de trouver d'autres voies pour régler cette crise ».





29/08/2010
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