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L’assassinat d’un Français - « Evasion » du Gendarme assassin !

« Scoop digital » a beau émerveiller les cinéphiles avec sa série de « Malok'ila » qui, d'ailleurs, à la 8e édition, semble dévoiler un certain professionnalisme tant de ses acteurs que de ses metteurs en scène et autre réalisateur. Mais, n'en déplaise à ces gars de « Scoop digital », leurs œuvres ne valent rien face à la séquence ayant trait à l' « évasion » du Gendarme sur qui pèsent de lourdes présomptions de culpabilité concernant l'abominable assassinat d'un ressortissant français à Mahajanga. Suivez le cours abracadabrant de ce « film » digne de la série scandaleuse.

Le Gendarme, Adjudant de son grade et Rabesalama de son nom, né à Marovato de Port Bergé, fortement présumé d'avoir assassiné le ressortissant français Jean Noël Sauvageot (voir notre édition d'hier), s'est enfui de la Gendarmerie de Mahajanga dans la nuit du lundi à mardi, vers quatre heures du matin. Et c'est loin d'être une évasion rocambolesque ! En effet, contrairement au reste de la bande arrêtée dimanche soir, pour ledit Gendarme - pourtant accusé d'avoir porté le coup de fusil fatal avec son arme de service, - il n'avait pas été jugé utile par ses pairs de l'incarcérer dans une cellule. Selon les déclarations de son supérieur, le Commandant du Groupement Behivoka, l'Adjudant Rabesalama était simplement isolé dans un bureau, gardé par quatre Gendarmes dont deux à l'extérieur et deux autres dans la pièce - même.
Il était  attaché à un pied par des menottes fixées à une simple étagère d'une soixantaine de cm de hauteur, en bois et non scellée. Ses mains étaient également menottées. Un trombone reste le seul élément témoin de cette fuite. Le prisonnier l'aurait utilisé pour déverrouiller ses attaches. Puis, ayant profité du sommeil apparemment très profond de ses gardes, il serait sorti tranquillement par une fenêtre.

« Innocents aux mains sales »
Après la crainte et la colère d'une population témoin de telles violences, au constat de l'insécurité grandissante, en ville et dans ses alentours, force est d'admettre que les seuls éléments des Forces de l'ordre, qui semblent actuellement être capables de dormir sur leurs deux oreilles, sont des Gendarmes censés assurer la sécurité des citoyens et, notoirement, la garde des assassins. Etonnant, non ? En tout cas, la mise en scène semble être trop flagrante, dans la mesure où le trombone, une pièce de petite taille, est ici d'une grandeur étonnante quant à la manière avec laquelle on l'a mis en évidence pour ne pas échapper à la vigilance même du pire des néophytes en matière d'enquêtes judiciaires. Plus grave, avancer que tant les deux Gendarmes, à l'intérieur du bureau, que les deux autres, à l'extérieur, auraient tranquillement vogué dans l'univers avec leur sommeil profond, équivaut tout simplement à considérer les simples citoyens comme crédules, pour ne pas dire plus. (pour des CONS ).....

Assassinat d'un Français à Mahajanga - Un Gendarme dans le coup !

Et pourquoi aurait – on attaché ce Gendarme assassin à un simple pied d'une étagère, alors que ses complices ont brutalement été jetés dans une cellule ? Est - ce à dire que, en de pareilles circonstances, la Gendarmerie de Mahajanga serait en train de faire valoir aux yeux du monde entier que la pratique du « deux poids, deux mesures » lui sied à merveille ? Quoi qu'il en soit, cette « évasion » semble être trop facile. Trop belle pour être vraie, comme dirait l'autre. Ce qui amène les uns et les autres à déduire que ladite « évasion » aurait été facilitée par des « innocents aux mains sales » (rien à voir avec le film portant ce titre).

Saga macabre…
Que les choses soient claires, une bonne fois pour toutes : dans la quasi – totalité des grandes villes du pays, l'insécurité ne cesse de régner en maître. Pis, les criminels osent actuellement prendre d'assaut, même au grand jour, la demeure d'autrui pour y semer la mort. Et, dans toute cette saga macabre, des éléments des Forces de l'ordre, notamment des Gendarmes, sont toujours indexés en être les principaux acteurs. Si Rajao ne cesse d'éblouir dans cette série de « Malok'ila », nos « Bôdega » ou « Bérets noirs » ne sont également pas en reste. Mais scandaleusement en pire. Mais que font le haut Commandement et le Secrétariat d'Etat à la Gendarmerie nationale ? Affaire 2,5 milliards ; mutinerie d'une partie de la Fign ; série de braquages à Toamasina, pour ne citer que ceux – là pour dévoiler que des Gendarmes, censés défendre les biens et personnes, se sont mués en… voyous en uniforme, laissant la mort et les saccages derrière eux. Et voilà que, pour ravir la palme de la honte mondiale, la Gendarmerie nationale dévoile dans ses rangs un Gendarme à la gâchette facile et qui, de surcroît, vient de décrocher l' « Award » mondial de l'évasion. « Merci la'olo ay ! ».

R. A. Maxime et France Rakotoarison
(Correspondante permanente à Mahajanga)



04/08/2010
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