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Laurent Gbagbo arrêté, le camp Ouattara appelle à l'unité

L'ancien président ivoirien arrêté dans sa résidence d'Abidjan au cours d'une offensive des forces d'Alassane Ouattara, est détenu à l'hôtel du Golf. Le Premier ministre Guillaume Soro appelle au calme.

Laurent Gbagbo a été arrêté lundi 11 avril à Abidjan au cours d'une offensive contre sa résidence, et emmené à l'hôtel du Golf, quartier général d'Alassane Ouattara, où il serait détenu en compagnie de son épouse. Jean-Marc Simon, l'ambassadeur de France sur place, a confirmé l'arrestation vers 15H30, heure de Paris. Mais les conditions de l'opération donnent lieu pour l'instant à des versions contradictoires.
Guillaume Soro, le Premier ministre du pays, a invité lundi les derniers partisans du camp Gbagbo à déposer les armes. 'Je m'adresse solennellement aux officiers, sous-officiers, militaires du rang de toutes les forces, je vous lance un dernier appel au ralliement. Il ne peut y avoir de chasse à l'homme, rejoignez donc les forces républicaines', a déclaré Guillaume Soro dans une allocution retransmise par la télévision française. Guillaume Soro a en outre demandé à la population 'de garder le calme'.'Peuple de Côte d'Ivoire, séchez vos larmes, le cauchemar est terminé. Vive la République de Côte d'Ivoire', a-t-il ajouté.
Les forces d'Alassane Ouattara 'sont à l'origine de l'arrestation', a assuré un porte-parole de son camp à Paris. Dans son entretien sur France 24, Guillaume Soro, premier ministre d’Alassane Ouattara a confirmé que ce sont bien les troupes loyales à Ouattara, qui ont arrêté Gbagbo chez lui. Ecoutez la totalité de son entretien.
Intervention de Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara sur FRANCE 24 (Partie 1) by France24
Quant au Quai d'Orsay, il a fait savoir que ce sont les forces du nouveau président ivoirien, 'soutenues par l'Onuci [Opération des Nations Unies en Côté d'Ivoire] et par les forces spéciales françaises', qui ont mis un point final au siège de la résidence. L'ambassadeur de France Jean-Marc Simon a ensuite assuré que «Laurent Gbagbo a été arrêté par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) et conduit à l'Hôtel du Golf par les FRCI».
«A aucun moment» les forces françaises n'ont pénétré lundi à Abidjan «dans les jardins ou la résidence présidentielle» où était réfugié l'ancien président, a affirmé à Paris l'état-major des armées. En fin d'après-midi, le ministre de la Défense Gérard Longuet a réaffirmé qu'il s'agissait d'une opération 'in fine entre Ivoiriens', avec un 'soutien' des forces françaises et de l'Onuci, et répété qu''aucun soldat français et de l'Onuci n'a pénétré dans la résidence présidentielle' de Laurent Gbagbo.

Les troupes du président élu Alassane Ouattara avaient, après une offensive éclair sur la capitale, échoué jusqu'ici à faire taire les définitivement les armes des pro-Gbabgo à Abidjan, et à s'assurer de la personne de l'ancien homme fort de Côte d'Ivoire. L'événement intervient après quatre mois de chaos politique dans le pays, suite à des élections présidentielles qui avaient porté au pouvoir Alassane Ouattara.
Depuis quelques jours l'implication militaire de Paris s'était faite plus forte. Les hélicoptères de la force française Licorne ont ainsi ouvert le feu dimanche puis lundi autour du palais présidentiel et de la résidence où est retranché Laurent Gbagbo. Comme le 4 avril, ces tirs ont été ordonnés à la demande expresse du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et dans le strict cadre de la résolution 1975 du conseil de sécurité, mais l'opération a néanmoins été violemment dénoncée par les partisans de Laurent Gbagbo comme une intervention directe au profit de M. Ouattara. La France «n'a pas d'autre objectif (que) d'assassiner le chef de l'Etat», a immédiatement accusé le porte-parole de son gouvernement, Ahoua Don Mello.

L'arrestation du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo va permettre au pays de «connaître la paix et un regain d'essor économique», a estimé lundi le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, en marge d'une réunion à Luxembourg. «Après les malheurs qui ont frappé ce pays, il va enfin connaître la paix et un regain d'essor économique. Il le mérite». Laurent Gbagbo «doit être traité avec respect», a de son côté déclaré lundi à Londres le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

Le président ivoirien sortant «ne devrait pas bénéficier d'un exil doré» à l'étranger qui l'exempterait de poursuites pour «crimes contre l'humanité», a estimé l'organisation Human Rights Watch (HRW). «Laurent Gbagbo a été mis en cause de manière crédible dans des crimes contre l'humanité et d'autres atrocités dont il devra répondre.
Il ne devrait pas bénéficier d'un exil doré dans un pays qui le protégerait contre des poursuites au niveau national ou international», a affirmé le responsable Afrique de HRW, Daniel Bekele, dans un message transmis à l'AFP à Dakar.

LES ECHOS



11/04/2011
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