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Le Portugal appelle l'Europe à l'aide

Le premier ministre José Socrates l'a annoncé officiellement mercredi soir. Le pays va «recourir aux mécanismes de financement disponibles dans le cadre européen».


José Socrates, premier ministre portugais, mercredi à Lisbonne

C'est officiel. Le Portugal a transmis mercredi une demande d'aide à l'Union européenne. Le premier ministre l'a annoncé dans la soirée lors d'une courte allocution. Après avoir résisté pendant des semaines, José Socrates s'y est donc résolu «au nom de l'intérêt général». «Nous vivons des temps d'exigence et de responsabilité», a-t-il déclaré.

Bruxelles a immédiatement réagi : «Le président de la Commission a assuré que cette demande serait examinée le plus rapidement possible et s'est dit confiant dans les capacités du Portugal de surmonter ses difficultés actuelles avec la solidarité de ses partenaires», a précisé la Commission européenne, qui se dit prête à activer les mécanismes de soutien. «Nous avons les instruments en place avec la facilité financière européenne et le FESF (Fonds européen de stabilité financière) dont les conditions d'accès sont bien connues», a précisé un porte-parole d'Ollie Rehn, le commissaire aux affaires économiques. Le sauvetage financier, évalué à 75 milliards d'euros, sera le thème central de la rencontre ce soir, à Budapest en Hongrie, des ministres des Finances de la zone euro.

Un peu plus tôt, c'est une interview au quotidien Jornal de Negocios du ministre des Finances qui a révélé l'imminence d'un appel à l'aide. «Le pays a été poussé de manière irresponsable vers une situation difficile sur les marchés financiers», a indiqué Teixeira dos Santos. «Cette situation rend nécessaire de recourir aux mécanismes de financement disponibles dans le cadre européen à condition que cela soit en termes adéquats par rapport à notre situation politique actuelle.» Une allusion au fait que le premier ministre a du démissionner suite au rejet par le Parlement de nouvelles coupes budgétaires.

Il s'agit là d'un vrai volte-face du gouvernement, qui mecredi encore, assurait que Lisbonne était «en mesure d'assurer ses engagements financiers» malgré les coûts prohibitifs imposés par les marchés. Le Portugal a réussi à placer, mercredi, 1,005 milliard d'euros de dette dans des conditions très difficiles. L'agence de la dette a dû payer 5,902 % pour une échéance à douze mois contre 4,331 % le 16 mars dernier et 5,117 % sur les 6 mois, un taux qui a quasiment doublé depuis le 3 mars.
La pression depuis 24 heures est venue des banques privées portugaises, lassées d'acheter des titres de dettes publiques, dont la valeur se détériore chaque jour, ce qui met en péril leur propre refinancement et augmente leurs besoins de fonds propres.

Les banques «ont atteint une limite auprès de la BCE», (Banque centrale européenne) a expliqué mercredi Antonio de Sousa, président de l'Association portugaise des banques. «Elles ne sont plus en mesure de prêter davantage d'argent à l'État.» Les grands établissements plaidaient pour un «emprunt intercalaire», auprès de l'Union européenne, de 10 à 15 milliards d'euros, ce qui permettait de tenir jusqu'aux élections du 5 juin.
Cette solution qui a été rejetée mercredi par Berlin. «Le fonds de secours européen est le seul moyen d'aider le Portugal», a déclaré mercredi le ministère allemand des Finances.

AA


07/04/2011
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