INFO PREMIER

MADAGASCAR: 21 milliards d’ariary disparus des caisses de l’Etat

Des malversations dans la gestion des finances publiques ont été relevées par l’IGE dans son rapport concernant la vérification du compte de dépôt intitulé  « Appui aux structures décentralisées » du MATD.

(Photo : Le bâtiment du Trésor public à Antaninarenina)

Des malversations dans la gestion des finances publiques ont été relevées par l’Inspection générale de l’Etat (IGE) dans son rapport concernant la vérification du compte de dépôt intitulé « Appui aux structures décentralisées » du ministère de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation (MATD). Un montant global de 21.441.000.000 Ar. aurait été décaissé du Trésor public sans contrepartie de services faits ni de pièces justificatives d’emploi.

De prime abord, il faut dire qu’il aura fallu près de deux ans à l’IGE pour aboutir à une telle constatation, dans la mesure où son rapport date de mai 2010. Généralement, ce genre de rapport est remis au plus tard l’année qui suit celle de la clôture de l’exercice budgétaire concerné, mais on peut comprendre que les événements de 2009 n’auraient pas permis à l’IGE de le faire à temps.
De toute évidence, il s’agit d’un rapport destiné aux seuls services et responsables concernés dont notamment la présidence de la République à laquelle l’IGE est directement rattachée et le ministère des Finances.

Mise en débet

Plusieurs hauts responsables de l’époque sont mis en cause dans l’affaire, à l’endroit desquels l’IGE recommande les mesures suivantes.
Sur le plan financier : la mise en débet du prétendu régisseur pour le montant de la somme « détournée » (si c’est le cas de le dire) ; la mise en débet d’un montant d’un milliard Ar. pour d’autres responsables et l’émission de recettes d’un montant de plus de 5 milliards Ar. à l’encontre d’un ancien responsable du concours financier de l’Etat.
Sur le plan judiciaire : l’émission d’un mandat d’arrêt international à l’encontre des responsables en cause dont certains auraient déjà quitté le pays pour « se camoufler » à l’extérieur, pour les amener à se présenter pour complément d’investigations à l’IGE et les traduire devant la Justice pour « usurpation de titre et d’abus de fonction ».
Aussitôt après la remise de ce rapport, le ministère des Finances a agi par le biais de trois arrêtés successifs déclarant la redevabilité envers l’Etat de toutes les personnes mises en cause. Elles sont une dizaine au total et sont toutes des personnalités qui détenaient, à l’époque, de hautes responsabilités dans leurs fonctions respectives.

Il va sans dire que les grands perdants dans cette affaire sont lesdites structures décentralisées. Les 21 milliards Ar. en question étaient, selon toujours l’IGE, prévus pour supporter des dépenses relatives à des formations et au renforcement de capacité et à l’autonomie financière des collectivités décentralisées… alors qu’il n’en fut rien.
Par ailleurs, le rapport mentionne une autre disparition de 1 milliard Ar. en 2009… toujours sans contrepartie de services faits ni des pièces de justification d’emploi.

Bouffée d’oxygène

Pour le cas de l’affaire de 2008, il est patent que cela concerne surtout la gestion du pouvoir de l’époque. La question peut toutefois se poser en ce qui concerne l’affaire de 2009 dont la gestion financière de l’Etat implique en partie le pouvoir actuel de Transition. Du moins après la prise de pouvoir du président de la Haute autorité de la Transition du 21 mars.
L’IGE ne précise pas en effet la date exacte de l’acte accompli, se contentant seulement d’indiquer l’année de sa survenance.

En attendant, le moins qu’on puisse dire est que si ces mesures de débet arrêtées par le ministère des Finances se concrétisent, les fonds ainsi restitués pourraient apporter une bouffée d’oxygène pour les finances de l’Etat en général et celles du MATD en particulier. 21 milliards Ar. : c’est beaucoup pour ceux qui l’auraient « empochés » mais c’est plutôt peu pour faire le développement de toutes les structures décentralisées. Néanmoins, avec cet argent … recouvré (d’aucuns l’espèrent et que les responsables soient sanctionnés), le MATD pourrait avoir de quoi renforcer les « Fonds de développement local » (FDL) des collectivités décentralisées.

Miadana Andriamaro



20/05/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres