INFO PREMIER

MADAGASCAR Des défaillances financières pour expliquer le délestage

La Jirama a expliqué que le délestage tournant actuel est dû à la défaillance de l’un de ses prestataires en matière de production d’électricité. Mais tout compte fait, ce sous-traitant n’en est pas le seul responsable.

Pour justifier la mise en place d’un « délestage tournant » qui est, soit dit en passant, loin d’être équitable, la Jirama explique que cela est dû à la défaillance d’un de ses sous-traitants en matière de production d’électricité. La société prestataire n’arrive pas à produire la quantité d’électricité qui fait l’objet d’un contrat de sous-traitance avec la Jirama à cause de l’indisponibilité de carburants qui devraient servir à faire tourner le groupe thermique. Son fournisseur refuserait d’effectuer la livraison requise.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la compagnie nationale de transport et de distribution d’électricité a - volontairement ou non - omis d’expliquer certains faits. Effectivement, selon une source digne de foi, c’est la Jirama elle-même qui devait fournir ce carburant à la société sous-traitante. C’est elle qui doit passer la commande auprès du fournisseur pétrolier après que le prestataire lui ait communiqué la quantité de carburants nécessaire pour faire tourner la centrale thermique pendant une période déterminée.

Mais la Jirama, déjà fortement débitrice auprès des ses fournisseurs, se verrait refuser d’autres crédits carburants par ses fournisseurs pétroliers. Ce qui n’enlève en rien sa responsabilité dans ce délestage dont ses usagers (autant les ménages que les entreprises) sont victimes.
D’un autre côté, cette difficulté financière de la Jirama trouverait sa source, entre autres, dans les importants arriérés de l’administration. Or, le fait est que, dans cette situation, la moindre défaillance au niveau de chaque acteur concerné (administration, Jirama, sous-traitants, fournisseurs pétroliers) déclenche tout un enchaînement de défaillances qui se traduisent finalement par un déficit de production d’électricité.
Au niveau des pétroliers, leur refus d’approvisionner la Jirama découlerait de leur situation financière déjà en péril en raison des impayés. On avance même que les pétroliers ne seraient même plus capables de payer les crédits documentaires portant sur les dernières commandes de produits pétroliers.

Effectivement, depuis un certain temps, les banques qui financent ces importations se sont déjà plaintes d’un manque de visibilité en ce qui concerne la situation financière des pétroliers locaux. Autrement dit, la situation risque d’empirer si on n’arrive plus à assurer les importations de produits pétroliers à moins qu’on ne trouve assez vite une solution viable pour tous.

Ranaivo Lala Honoré



30/07/2011
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