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MADAGASCAR Feuille de route

La Troïka botte en touche

Il faudra encore attendre le Sommet extraordinaire de la SADC pour avoir une idée claire de la position du bloc économique régional sur le processus de sortie de crise.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) joue la prolongation. La Troïka, l'organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité du bloc économique régional, s'en remet au sommet des chefs d'Etat pour clarifier les règles du jeu dans la gestion de la crise malgache.
« Le Sommet a décidé de recommander la convocation d'urgence d'un Sommet extraordinaire afin d'examiner plus amplement le rapport sur Madagascar », a fait part le communiqué final de la réunion des membres de la Troïka, composé de Rupiah Banda, de Jacob Zuma et d'Armando Guébuza, respectivement Président zambien et ses homologues sud-africain et mozambicain, qui s'est tenue à Livingstone, en Zambie le 31 mars. La date et l'endroit de la tenue du rendez-vous restent à déterminer.

Dans le communiqué final, le Sommet de la Troïka préfère renvoyer la balle au Sommet extraordinaire de la SADC « prochainement », selon Yvette Sylla, ministre des Affaires étrangères. Le texte joue sur des non-dits et des déclarations diplomatiques pour évoquer la feuille de route et le processus de médiation de sortie de crise.
Le Sommet affirme qu'il a « examiné le rapport du médiateur de la SADC et a noté qu'une feuille de route a été élaborée en vue de ramener le pays à la normalité constitutionnelle ». Il s'est engagé à « consolider et à protéger les acquis obtenus dans le cadre du processus de médiation » et « a exhorté tous les partis politiques à coopérer ensemble et à soutenir les travaux de médiation de la SADC dans la perspective de la tenue d'élections libres, justes et crédibles », sans préciser la nature de ces acquis. Enfin, il a réitéré la nécessité pour que le dialogue malgacho-malgache continue d'être guidé par les principes de consensus, d'inclusivité et de transparence.

Le discours ambigu de Livingstone, qui aurait dû fournir des recommandations au Sommet de la SADC, s'apparente à une tergiversation, à moins d'un défaut de consensus de la part des participants sur la conduite à tenir. Il semble encourager les diverses interprétations de la part des protagonistes, risquant de provoquer une nouvelle période de flottement. Le régime de transition est le premier à s'empresser à apporter son point de vue sur la position de l'organe de coopération en matière de politique, défense et sécurité du bloc économique régional.

Soutien de taille

Yvette Sylla a constaté que « la situation est en bonne voie », en marge de la visite de courtoisie effectuée par Jean-Marc Châtaigner à Anosy. Le chef de la diplomatie estime qu'« il n'y a aucune critique sur toutes les actions menées jusqu'ici. »
La Présidence de la transition sort l'artillerie lourde en décortiquant, article par article, le communiqué de la Troïka. Elle souligne que cette dernière « n'a nullement rejeté ladite feuille de route. Tout au contraire, elle l'a prise en considération (...) [et] n'a point rejeté le Gouvernement d'union nationale récemment mis en place ». Puis, elle espère un Sommet extraordinaire « qui va s'inscrire dans l'incontestable logique de la continuation des procédures, méthodes et démarches de travail diligentées par l'équipe de médiation de la SADC et dans la consolidation et la préservation des réalisations accomplies durant le processus de médiation ».

Le régime de transition a trouvé un soutien de taille en la France dans son entreprise. « La feuille de route est bien acquise », a soutenu Jean-Marc Châtaigner, ambassadeur de France, hier à Anosy.
Ce dernier a accepté de tenir une conférence de presse conjointe avec le chef de la diplomatie, exposant une vue commune de la réunion de la Troïka.

Iloniaina Alain



03/04/2011
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