INFO PREMIER

Madagascar Le lémurien grillé, un mets apprécié


A quelques semaines d'intervalle, notre rédaction a reçu des informations émanant de l'ONG Fanamby. La première,  faisait état de la découverte d'une nouvelle espèce de lémurien Phaner.

Une heureuse nouvelle dans ce pays en proie aux flammes et à une déforestation effrénée. Mais les braconniers n'ont que faire de ce fossile vivant qui n'est autre que le chaînon manquant dans l'arbre généalogique des primates desquels descend l'homme.

Les trafiquants de bois précieux se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent sur leurs passages, y compris les sympathiques makis. D'autres, mieux organisés, fournissent sur commande des restaurateurs véreux de la région, pour satisfaire les papilles d'une poignée d'abrutis à la recherche de mets rares. 

A quand une force d'intervention internationale de type casque bleus pour éradiquer ces réseaux mafieux protégés, quoi qu'en disent les versions officielles, par tout un réseau de copinages à tous les niveaux ? Quand le patrimoine mondial est en danger, il y a droit et devoir d'ingérence.


Communiqué de Fanamby :

Les forces de police ont saisi 32 lémuriens grilés à l'entrée de Vohémar (nord-est de Madagascar) dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2011. Le braconnier, pris en flagrant délit à un contrôle de routine, a avoué opérer avec au moins 2 complices, dont un natif de la région.
Parmi les 32 cadavres saisis, c'est à nouveau le lémurien couronné (Eulemur coronatus) qui fait les frais de ce trafic macabre. Une autre espèce plus petite est également concernée, mais on ne sait pas encore s'il s'agit de la nouvelle espèce de Phaner récemment découverte à Daraina.

Des échantillons d'ADN ont été prélevés afin de déterminer scientifiquement l'origine des spécimens. Pour rappel, Daraina est dans l'Aire Protégée Loky-Manambato sous protection depuis plusieurs années suite aux efforts de l'ONG malgache FANAMBY.

En 2009, FANAMBY avait déjà constaté, grâce à l'aide des communautés locales, un premier cas de trafic et alerté l'opinion internationale. Depuis, les trafiquants sont devenus plus vigilants sur la zone, opérant uniquement de nuit. « L'utilisation de poison pour les tuer est un fait nouveau et pourrait avoir un impact pour la santé des consommateurs » témoigne Sylvain, un des rares environnementalistes de la région.

Malgré la vigilance des communautés locales, sensibilisées depuis plusieurs années, la demande des consommateurs friands de viandes braconnées (tortues marines et lémuriens) est en croissance dans les villes environnantes de Sambava et Antalaha aux économies boostées par le commerce illicite du bois de rose.

Selon la réglementation forestière, la chasse aux lémuriens est interdite par la loi malgache, les délinquants risquent une peine de 2 à 5 ans d'emprisonnement.

Ces peines dissuasives ne permettront de stopper ce trafic qu'à condition de réprimer les restaurateurs et les consommateurs finaux à la source de ce business.
« Je suis horrifié que cette situation perdure, l'environnement ne devrait pas être le bouc émissaire des situations de crise » dit Russ Mittermeier Président de Conservation International. La crise est en effet l'excuse pour les délinquants de toute sorte.
Le procureur d'Antalaha se réjouit de cette intervention de la Police et les a encouragé à protéger l'environnement.

« Je me sens impuissant face à cette triste situation qui ressurgit, malgré les actions que nous menons au quotidien pour la conservation » déplore Serge Rajaobelina, Président de FANAMBY.

« Mais ne nous voilons pas la face, ce n'est pas un cas isolé et sans une mobilisation de tous et des actions-chocs nous ne viendrons pas à bout de la dilapidation de notre patrimoine ! » dénonce t-il.


Contact : fanamby@fanamby.org.mg



18/01/2011
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