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MADAGASCAR:Mouvance Ravalomanana explose

Le camp de l'ancien président Marc Ravalomanana traverse une zone de turbulences face aux pressions aussi bien externes qu'internes.La mouvance Ravalomanana se trouve à la croisée des chemins. Elle doit faire face à l'offensive du régime, l'acculant sur la question de la feuille de route. Mais elle doit également gérer les départs de certains de ses éléments, cédant au chant des sirènes de la Transition.


L'ancien député, Yves Aimé Rakotoarison, officialise l'aile dissidente de la
mouvance Ravalomanana. Après une première tentative à Ivato, mercredi, lors de la cérémonie de paraphe de la feuille de route, il revient à la charge. « Nous sommes la mouvance Ravalomanana. Nous représentons deux tiers de cette entité », a-t-il fait savoir, aux côtés d'anciens députés comme Felix Randriamandimbisoa, Fabergé Mamitiana Gabriel ou encore des anciens responsables du Tiako i Madagasikara (Tim) comme Rina Andriamandavy VII.

Risques assumés

L'aile dissidente de la mouvance Ravalomanana tente de se démarquer de l'entité fidèle à l'ancien président. « Nous avons paraphé la feuille de route pour marquer notre adhésion. Maintenant, nous réclamons des postes importants dans la gestion de la Transition consensuelle », souligne Yves Aimé Rakotoarison, évoquant la formation du gouvernement.

L'ancien député, Hery Raharisaina, explique la position de son camp. « Il faut entrer dans le système de la Transition pour pouvoir garantir le retour du président Ravalomanana », soutient-il. « Certes, les stratégies divergent, mais l'objectif reste le même, à savoir le retour du président Ravalomanana », a-t-il ajouté.
La mouvance fidèle à l'ancien chef de l'État veut se montrer sereine devant ce coup de poignard dans le dos par ses anciens compagnons de lutte. « Le président Ravalomanana est intervenu au Magro pour dire qu'il faut laisser partir ceux qui le souhaitent. Mais il indique que seuls ceux qui ont eu sa caution peuvent parler en son nom », contre-attaque Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation par intérim. « Raharinaivo Andrianantoandro, président du Congrès, affirme avoir réussi à drainer deux tiers du Tim et Yves Aimé Rakotoarison, la même proportion au sein de notre mouvance. Qu'est-ce qui reste pour nous alors ? » ironise-t-il, réfutant l'idée d’une débandade.

Conscient de la position de sa mouvance, Mamy Rakotoarivelo se montre lucide devant l’évolution de la situation. « Nous assumons les risques engendrés par notre position », soutient-il. « Ce qui est sûr, c'est que la Communauté internationale n'est pas encore unanime sur cette feuille de route qui consacre les putschistes par le truchement du forcing de Leonardo Simao, émissaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) », poursuit-il.

Mais le temps ne joue pas, pour autant, en faveur de la mouvance Ravalomanana. Le revirement de certains de ses éléments pourrait être le résultat d'un travail de débauchage des pro-régime, comme c'était le cas lors de la mise en place du Parlement, au détriment des mouvances des trois anciens présidents. Il en est de même de l'imminence de la formation du gouvernement, et plus tard, de l'élargissement du Parlement, qui pousseraient l'équipe de Yves Aimé Rakotoarison à basculer dans l’autre camp.

Avec la pression des autorités, matérialisée par l'annonce de la formation gouvernementale, la fermeté affichée par Leonardo Simao, représentant de l’équipe de médiation de la SADC, prend, dans une certaine mesure, en tenaille la mouvance Ravalomanana. Le diplomate mozambicain avait refusé de recevoir et encore moins de considérer, les propositions et les observations de l’équipe de l’ancien président tant qu'elle ne paraphe pas la feuille de route, limitant la marge de manœuvre de cette dernière.

Iloniaina Alain



12/03/2011
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