INFO PREMIER

Marc Ravalomanana: Porte-parole de Zafy et Ratsiraka

La reconduction de Camille Vital à la Primature n’est pas au goût de Marc Ravalomanana. D’abord, le général est en train de prendre sa revanche sur celui qui l’avait mis sur la voie du garage en lui demandant de se mettre en disponibilité de l’Armée avant de se présenter à la mairie de Toliara et en décidant après de faire rejeter sa candidature.

Mais la nomination de Camille Vital sur la base des propositions des signataires de la feuille de route enterre surtout le rêve de l’ancien président de faire perdurer la crise et ses conséquences dans l’espoir de revenir triomphalement au pays, comme l’a fait Didier Ratsiraka en 1996.

C’est dans cet objectif que M. Ravalomanana fait des pieds et des mains pour faire capoter la feuille de route. Avant et après le paraphe de l’accord politique, M. Ravalomanana avait fait le tour des capitales des pays membres de la SADC pour désavouer Joaquim Chissano et son équipe de médiateurs. « Nous demandons à la SADC de reconnaître que leurs efforts de médiation ont échoué. Les médiateurs de la SADC sont maintenant considérés soutenir le régime illégal dans notre pays, au détriment du peuple malgache », déclare notamment Marc Ravalomanana dans un communiqué de presse publié par Meropa Communications.

Agissant comme une personne aux abois, le fondateur de Tiko mobilise tous les moyens. Il a recruté un avocat sud-africain chevronné, Brian Currin, dont les honoraires sont exorbitants. Aujourd’hui, il fait appel aux services d’un cabinet de communications, Meropa Communications. Le cabinet sud-africain a été sans doute choisi pour une raison de proximité mais sans doute aussi après l’échec patent du cabinet britannique Pelham Bell Pottinger que la presse internationale avait par ailleurs reproché de servir les intérêts des dictateurs.

C’est donc Meropa Communications qui annonce que Marc Ravalomanana agit au nom des trois anciens présidents. La déclaration devant avoir nécessairement l’aval du client Ravalomanana avant d’être publiée. M. Ravalomanana a donc reçu l’aval des deux anciens chefs d’Etat pour parler en leur nom. Curieux que l’amiral Ratsiraka s’est facilement laissé embobiner par Marc Ravalomanana.

A priori, le fait constitue une bonne chose pour le pays dans la mesure où les ennemis d’hier peuvent aujourd’hui faire cause commune. Inutile de rappeler les mouvements de 1991, l’empêchement de 1996, la crise post-électorale de 2002…
La guerre des mots a été émaillée de violences physiques et même de morts d’hommes. Qui aurait cru que Didier Ratsiraka lequel s’est refusé jusqu’à président à désigner un porte-parole, et à la limite Albert Zafy qui n’a eu de cesse de déclarer ne reconnaître aucun des chefs d’Etat qui lui ont succédé, se ferait représenter un jour par Marc Ravalomanana ? L’amiral est décidément un faible.

En son temps, l’amiral avait expliqué le comportement normal des politiques en citant l’adage selon lequel « il n’y a pas d’inimitiés permanentes, ni d’amitiés permanentes, mais des intérêts permanents ». Aujourd’hui, on comprend mieux la déclaration avec le désir du professeur, de l’amiral et du laitier de revenir au pays pour se partager le pouvoir. Eux qui se disent indispensables pour restaurer la démocratie, ne sont en réalité que les fossoyeurs de la démocratie à Madagascar.
En 1991, le pays avait bénéficié du vent de la liberté apporté par le glasnost soviétique. Au nom d’un équilibre régional maladif qui n’existe que chez des pseudo-intellectuels, Albert Zafy a été choisi pour succéder à Didier Ratsiraka.

L’incompétence du professeur en matière de gestion d’Etat, la voracité de son entourage et des hommes politiques en général ainsi que le pouvoir de l’argent ont enterré pour de bon la démocratie naissante. A son retour, Didier Ratsiraka s’empresse de rendre difficile l’empêchement du Président de la République.
Et en 2002, Marc Ravalomanana décide de verrouiller complètement le système.
Ces personnages sous lesquels la population s’est appauvrie appelle aujourd’hui la communauté internationale à « prendre des mesures décisives dans l'intérêt du peuple malgache ». Prennent-il Joaquim Chissano et Leonardo Simao comme des individus peu sérieux sinon corrompus ?

Sa


18/03/2011
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