INFO PREMIER

Marchandage des parlementaires

Les membres du Congrès exigent un traitement égal à ceux du Conseil supérieur de la transition.


Les membres des deux chambres réclament des indemnités exorbitantes. Elles s'élèvent à une dizaine de millions d'ariary.

Des supputations concernant les émoluments des membres du Conseil supérieur de la Transition (CST) et du Congrès de la Transition (CT) ont fait les choux gras des journaux ces derniers jours.

Un exemplaire de l'évaluation des crédits nécessaires à la mise en place des deux institutions, circule dans les travées de Tsimbazaza.

Voracité irrépressible

Le moins que l'on puisse dire est que les actuels locataires des deux chambres ne doutent de rien, financièrement et matériellement s'entend. Les chiffres avancés, même justifiés, sont élevés par rapport à la conjoncture. Se basant sur le décret 2009-578 du 8 mai 2009 qui fixe les indemnités et avantages des membres de la Haute autorité de la transition, les locataires de la Maison de verre à Anosy d'abord, ceux du Palais de Tsimbazaza ensuite, ont réclamé les mêmes traitements que leurs prédécesseurs.

Les indemnités d'un membre de bureau, par exemple, devraient s'élever à Ar. 2 130 625 répartis en indemnités de base (Ar. 1 140 625), indemnité de représentation (Ar.150 000 par mois), une autre de loyer (Ar. 100 000 par mois) et une autre de session forfaitaire (Ar. 740 000 par mois).

À cela s'ajoutent les « frais » du personnel à disposition, à la charge de l'État et que l'intéressé n'encaissera pas, du moins pas officiellement. Il s'agit des 6 agents du cabinet permanent soit un montant total d'Ar. 4 668 372 (Ar. 778 062 par agent), des 4 assistants permanents qui encaissent eux Ar. 2 293 856 et des 2 chauffeurs payés à hauteur d'Ar. 689 230, sans oublier les 4 domestiques payés à Ar. 306 366 chacun.

Un rapide calcul affiche la « modique somme » d'Ar. 11 007 551. Cela n'inclut évidemment pas encore le fameux carburant pour les déplacements, ni les frais de communication. Certains membres non véhiculés réclament des indemnités de déplacement en ville atteignant jusqu'à Ar. 300 000.

Les autres membres perçoivent un peu moins que ces membres de bureau. Avec la prise en charge du personnel à leur disposition s'élevant à Ar. 4 964 340 « seulement », ils se consoleront avec des indemnités à peine inférieures, Ar. 2 057 750.

Ces chiffres dépassent de loin toutes les affirmations et bruits de couloir qui circulaient jusqu'à ce jour. En parlant de couloir, certains membres de la chambre basse se sont encore entretenus un assez long moment hier, sans doute pour clarifier certains points de cette fameuse proposition. Une autre réunion sur le même sujet devrait se tenir aujourd'hui.

Toutefois, un membre du CT a tenu à montrer son désaccord sur le « salaire exorbitant » qu'ils touchent, ses confrères et lui. Dans un premier temps, le ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina a également affirmé son désaccord sur ce « papier ». Interrogé sur la question, le général Dolin Rasolosoa, président du CST, a pour sa part indiqué qu'il n'est pas encore au courant de cette évaluation. « Austérité », quand tu nous tiens...

Misaina Rakotondratsima


27/10/2010
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