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Marseille:l'assaut du Front national

L'Affaire Guérini a pesé lourd sur les épaules du PS des Bouches-du-Rhône. Le premier tour des cantonales a vu les socialistes reculer partout alors que le Front national revenait en force dans le département.

Tempête électorale sur le littoral marseillais. Le capitaine du PS des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, doit faire face à l'assaut du Front national après le premier tour des cantonales dimanche. Deux cantons perdus dès le premier tour, des scores en net recul par rapport à 2004, un FN à 30% dans la cité phocéenne, les socialistes marseillais ont, selon certains de ses responsables, clairement pâti de l'affaire Guérini.

Il y a quelques semaines encore, qui aurait pu prévoir une telle bataille ? C'était avant les révélations sur Jean-Noël Guérini, dont le frère Alexandre dort en prison depuis décembre dans le cadre de plusieurs enquêtes sur des malversations et des fraudes présumées aux marchés publics. Et avant la mise au jour du rapport d'Arnaud Montebourg, accablant pour le PS marseillais et son patron. Un acte d'accusation en bonne et due forme, pointant du doigt le système de « clientélisme féodal » présumément instauré par Jean-Noël Guérini.

Le FN présent partout à Marseille

Pour certains ténors socialistes, il faut se rendre à l'évidence. Au lendemain du premier tour, le PS recule partout dans le département.

Il a d'ores et déjà perdu le canton de Camas, face à un FN en tête (24,16%) et un UMP menaçant (23,07%). Le canton de Notre-Dame-du-Mont lui a également échappé (l'UMP rafle 23,66% des voix et le FN 22,30%).

À Marseille, le FN sera présent au second tour dans les 11 cantons renouvelables, pour six duels face au PS et cinq face à l'UMP. Le parti majoritaire s'en sort mieux que les socialistes, ayant réussi à placer au second tour ses trois conseillers sortants et se retrouvant en ballotage défavorable dans deux cantons jusqu'ici détenus par la majorité PS. Le Front de gauche et les écologistes ont également profité de la désaffection à l'égard de la majorité départementale.

Dans les rangs socialistes, un certains nombres de cadres reconnaissent que le climat de ces dernières semaines n'a pas joué en leur faveur. Jean-Noël « a tort de sous-estimer ce phénomène qui est réel : soit les gens sont restés chez eux, soit ils sont venus en se disant : "ils commencent à nous fatiguer"», a par exemple commenté Michel Pezet, poids lourd du parti. Le principal intéressé, lui, nie avec force l'influence de ses déboires sur la tendance électorale. « Non, les affaires n'ont pas contribué à ces résultats », a estimé Jean-Noël Guérini. Et d'appeler dans un communiqué, à peine les résultats connus, à « faire barrage au Front national ».

Par G. F. V.





22/03/2011
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