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Mayotte / Comores - Avec Air Madagascar.« Qui va à la chasse..»

Les globes trotteurs qui soignent leur porte monnaie en choisissant Air Mad pour leurs vacances doivent être croyants… ou garder un joker dans leur manche s'ils veulent être certains que leur place leur soit gardée. Epopée d'une correspondance malgache.

Le boeing d'Air Italy loué avec les prestations et une partie de personnel malgaches

Les passagers avaient été prévenus uniquement par la presse : les deux Boeing de la compagnie malgache sont cloués au sol, après que la Commission européenne ait suspendu leur desserte de la France depuis l'océan Indien. Les dirigeants d'Air Madagascar avaient alors loué un avion à Air Italy ce qui permettait aux passagers d'être acheminés, surtout que les vacances scolaires de mai commençaient à Mayotte.

Un moment de détente qui ne signifie pas perte de vigilance, quelques vacanciers l'ont appris à leurs dépens… Le vol du 28 février au départ de l'aéroport mahorais de Pamandzi déposait ses passagers à Nosy Be à 13h40, passagers qui avaient plusieurs heures devant eux puisque la correspondance pour Paris n'était qu'à 22h25. Au regard des maigres prestations offertes par l'aéroport de Nosy Be et désireux de profiter de ces premières heures de farniente, quatre d'entre eux s'enquéraient séparément auprès des agents de la Police aux frontières de l'éventualité d'une sortie des murs de l'aérogare pour aller voir du pays.

« Pas de problème, vous avez automatiquement un visa de 24h » signalait le premier, aussitôt confirmés par trois autres autorités, nos voyageurs aimant à se faire répéter ce genre de détails, surtout sur le sol malgache, pas encore connu pour son organisation optimale. Néanmoins, les quatre amoureux de l'Océan Indien firent le pied de grue devant le comptoir d'Air Madagascar pour une ultime certitude… en vain, celui-ci demeurant vide.

Ne se connaissant pas, ils décidèrent d'unir leur énergie et leurs ariarys (*) pour une après-midi de détente dans Hellville, charmante capitale de la presqu'ile, puis Ambatoloak plus touristique, avant de retourner à l'heure qui leur avait été indiquée, 21H, soit une heure et demi avant le départ de l'avion, une marge par rapport aux billets qui indiquaient un dernier enregistrement 1h avant le décollage. Et là, ce fut porte close ! Aéroport fermée, personnel affirmatif : « l'enregistrement est terminé ! ».

« Qui va à la chasse… »

Une heure de dialogue de sourds plus tard, d'essai de persuasion pour certains, de hurlements pour d'autres, la situation n'avait pas changé : les bagages qui avaient été enregistrés en transit, tickets à l'appui, leur furent rendus. Une seule explication : « une contrainte technique fait que l'avion est en surcharge », tout en assurant que « non nous n'avons pas revendu vos places ! » et que le prochain avion qui pourrait les prendre partirait samedi, soit deux jours après… Et tant pis pour ceux qui avaient des impératifs de famille comme des enfants étudiants à embrasser avant la rentrée du lundi suivant en métropole. En résumé, les premiers arrivés avaient été servis cet après-midi là.

C'est un appel de l'agence Mayotte Evasion qui, parvenant à joindre le directeur de la Compagnie malgache, débloqua la situation, à 5 minutes du décollage. L'embarquement fut comme par miracle possible, mais in fine, une partie des passagers furent disséminés au sein de l'avion pour laisser 4 rangées de 4 sièges libres ainsi que le demandait l'hôtesse d'Air Italy, pour le repos d'une partie de l'équipage… ce qui ressemble fort à une « contrainte technique ».

Mais chacun a sa petite histoire à raconter sur les conditions de vol d'Air Mad, telles ces personnes qui, bien qu'en transit à 3 heures ce matin à Nosy Be vers Mayotte, ont attendu devant le tapis pour récupérer leurs bagages sur injonction de la responsable d'escale, et à 10 minutes du décollage, bagages qui étaient en fait déjà repartis vers leur avion…

Un ministre malgache parlait de la stabilité du pays comme condition sine qua non du retour des touristes vers la Grande Ile, une professionnalisation du personnel d'Air Madagascar devrait également figurer en bonne place des exigences.

(*) 1 euro = 2500 ariary

malango-actualite




11/05/2011
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