INFO PREMIER

Naissance de la IVème République: De quoi demain sera-t-il fait ?

A moins d'un revirement à l'ivoirienne, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) confirmera ce matin la victoire du « Oui » au référendum du 17 novembre, consacrant ainsi la naissance de la IVème République. Personne ne croit d'ailleurs que le syndrome ivoirien puisse se répéter à 8000 km d'Abidjan.

Même si plus d'un se sont quelque peu intrigués du report de l'audience de la HCC sur la publication des résultats du référendum prévue initialement vendredi et qui a déjà fait l'objet d'une bande annonce sur la TVM, jeudi.

Touchons donc du bois que la crise ivoirienne ne se reproduise pas chez nous, même si en plus des liens entre Madagascar et la Côte d'Ivoire du fait des amitiés entre Philibert Tsiranana et Félix Houphouët-Boigny (ces liens ont fait qu'un ressortissant malgache pouvait entrer et séjourner librement en Côte d'Ivoire avec une simple carte d'identité nationale), l'histoire récente révèle des similitudes entre les crises vécues par les deux pays en 2002.

http://www.dailymotion.com/video/xfy85w_crise-a-madagascar-2002-ratsiraka-ravalomanana_news

Osons donc croire que la HCC ne vienne démentir les résultats provisoires de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI). Sinon, personne ne pourra prédire de l'avenir de Madagascar.
Il faut préciser que ces appréhensions sont plutôt celles d'une certaine frange de la population, celle qui est au fait des actualités internationales et du cours des évènements dans le pays. La crise ivoirienne est loin de la majorité des Malgaches qui pensent qu' avec l'adoption de la nouvelle Constitution, tous les problèmes seront résolus.

C'est le cas notamment en dehors d'Antananarivo, et à la limite d'Antsirabe, où les trois mouvances continuent de s'activer. Celles-ci n'ont eu cesse de dire que le référendum ne règlera pas la crise politique à Madagascar.
Après l'arrestation de Fetison et consorts et, le putsch d'Ivato, les déclarations des nouveaux mandataires de Marc Ravalomanana laissent d'ailleurs entendre des réactions violentes.

Antananarivo a pourtant assez de la violence. Surtout en cette période de fin d'année où l'on aspire à la fête dans la sérénité. La mouvance Ravalomanana doit le savoir si ses membres se souviennent des évènements de 2002 qui ont pris une tournure décisive après seulement le meeting du 7 janvier à Analakely.

Dans tout les cas, les chancelleries ne sont pas dupes. Elles connaissent la situation sur le terrain (terme consacré en 2002). Le terrain, ce n'est pas uniquement Antananarivo que le régime de transition doit maîtriser, mais c'est aussi et surtout les provinces dont les préoccupations et les espérances sont tout à fait autres que les incendies de voitures et les échauffourées. Là-bas comme dans la capitale, on se tient aux promesses du changement.

En 2009, Andry Rajoelina a réussi à mobiliser la foule peut-être par son charisme et ses arguments d'avoir été harcelé à la tête de la Mairie d'Antananarivo, mais sûrement sur la base des frustrations de 20 millions de Malgaches à qui on avait promis le mieux-être. Aujourd'hui, il doit donc répondre aux attentes des uns et des autres.
Il est vrai que durant la campagne électorale, le Président de la HAT a évité d'inciter la population à voter « Oui ». Il n'empêche que la population croit au changement, celui de son train de vie.

Aujourd'hui quand les ondes nationales rapporteront la décision de la HCC sur le référendum, notre cousin d'Antsirabe ou des contrées lointaines croiront que les prix du riz reviendront à leur niveau acceptable de 5000 Fmg le kilo. La population s'attend donc à ce que sa situation change du jour au lendemain.

Pour cela, on ne peut lui faire aucun reproche. En 1992, c'était exactement le même cas. Didier Ratsiraka était accueilli triomphalement à Ivato en septembre 1996 pour se faire porter de nouveau au pouvoir à cause ou grâce, c'est selon, de l'immense déception de la population sur le plan social et économique.

A la différence de 1992, Andry Rajoelina construit des hôpitaux, des stades et, facilite la vente de produits de première nécessité aux démunis. Le citoyen lambda veut pourtant jouir et tout de suite des changements. Qu'est-ce qu'on lui a promis pour la nouvelle République ?

Sa




06/12/2010
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