INFO PREMIER

Naufrage à Soanierana-Ivongo:Mort tragique de Nadine Ramaroson

La ministre de la Population, Nadine Ramaroson a péri tragiquement dans un naufrage hier, au large de Soanierana-Ivongo, sur la côte Est de l’île. Elle revenait du festival annuel des baleines, Tsôlabe, dans l’île Sainte-Marie et a embarqué à Ambodifotatra pour regagner la grande terre.


Après avoir mis pied à terre à Soanierana-Ivongo, elle devait rallier Toamasina où ce jour lundi, elle devait réunir les employés et cadres de la direction régionale de la Population. Le destin en a décidé autrement…

Le drame s’est déroulé vers 15 heures 30, à environ une heure du lieu de débarquement, Soanierana-Ivongo. A l’entrée de la passe, en effet, les eaux des rivières Marimbona et Simianona se mêlent aux eaux de mer. Le « choc » provoque toujours de vives turbulences et de grosses houles, même par beau temps. Dans ce secteur agité, les passagers novices sont toujours pris par le mal de mer…

Hier, alors que la vedette traversait la zone de turbulence, un vent vigoureux s’était levé aussi. Ballotée par les flots, l’embarcation a été soulevée par une puissante vague, puis fut retournée. Les passagers éjectés ont été maintenus à flot par leurs gilets de sauvetage. Ceux restés dans la vedette ont été écrasés dans l’eau et sont morts par hydrocution. Les premiers sauveteurs ont remarqué que les corps des décédés, dont celui de Nadine Ramaroson, ont été attachés à l’embarcation par la ceinture de sécurité. Quatre personnes ont péri dans ce naufrage, notamment des fonctionnaires du ministère de la Population.

Une seconde tragédie est venue se greffer à la première : quand les sauveteurs ont renversé la vedette pour dégager les passagers pris au piège, une forte explosion suivie d’un incendie s’est produite. Pour diverses raisons (impact de l’explosion, noyade, brûlure, asphyxie…), sept personnes sont passées de vie à trépas chez les sauveteurs, notamment des pêcheurs et habitants de Soanierana-Ivongo. Ce qui a porté (provisoirement) le nombre des morts à onze. Comment expliquer cette explosion qui fut plus meurtrière que le naufrage ? En raison de la position particulière de la vedette retournée, du carburant s’est peut-être déversé dans la mer et a flotté sur les lieux du drame. Les efforts visant à remettre à flot l’embarcation ont-ils provoqué une étincelle ? Ou l’un des sauveteurs, inconscient, s’est-il mis à allumer une cigarette ? Toujours est-il que la vedette accidentée, l’embarcation des sauveteurs et toute la surface environnante se sont embrasées d’un seul coup…

En tout cas, ainsi a péri, à l’âge de 51 ans, Nadine Ramaroson, ministre de la Population, promise à un certain avenir en raison de son dynamisme. Elle laissera le souvenir d’un membre du gouvernement attaché à la cause des humbles, et accessible aux doléances des sans grade. Elle a pris fait et cause pour les ruraux ou les prolétaires urbains dépouillés indûment de leurs terres. Elle s’est souvent battue pour eux contre d’autres membres du gouvernement. Quand les petites gens se sentaient victimes d’une injustice criante, provoquée par les forts et les puissants, elles s’adressaient volontiers à Nadine Ramaroson. Celle-ci prenait leur défense et se lançait corps et âme dans la bataille, quitte à bousculer des barons du régime. En cela, elle a joué un rôle tout à fait inédit dans l’histoire des gouvernements à Madagascar. Nadine Ramaroson décédée, c’est certainement le deuil et le désarroi chez les petites gens qui ne savent plus vers qui se tourner.

D’ailleurs, on a beau chercher, on ne voit pas qui pourrait remplacer avantageusement Nadine Ramaroson dans ce rôle de justicier et de redresseur de torts…
On l’append, en tout cas, alors que la population de Sainte-Marie sollicitait à cor et à cri un officiel de haut rang pour présider le festival annuel Tsolabe, les ministres se sont défilés, redoutant peut-être la dangereuse traversée du bras de mer. Face à la démission générale, Nadine Ramaroson s’est auto-désignée, même si les festivités, plutôt touristiques et culturelles ne relevaient guère de son département. Une fin triste peut-être, mais une belle mort pour cette ministre volontaire qui a péri en service commandé.

Adelson RAZAFY


29/08/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres