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Nouveau gouvernement :Camille Vital

Il faut le reconnaître, le gouvernement monté samedi par le Premier ministre Camille Vital a plutôt fière allure. L'équipe est formée de la crème de la classe politique et sa composition incite à l'optimisme. Dans les partis, plates-formes et autres fédérations aux positionnements politiques parfois contradictoires, le meilleur a été prélevé pour figurer dans le gouvernement.



En plus, un délicat dosage a été réalisé de manière à brasser les éléments chevronnés et les novices. Ainsi l'avant-garde est constituée d'hommes politiques d'expérience qui ont derrière eux des années de pratique gouvernementale, comme Pierrot Rajaonarivelo (Economie et Industrie), Ndremanjary Jean-André (Sports) ou Ny Hasina Andriamanjato (Postes et Télécommunications). Ceux-là vont encadrer ou chaperonner les novices qui font leurs premiers pas dans l'action gouvernementale. Voilà des entités complémentaires qui seront immédiatement opérationnelles, ainsi que le requiert une conjoncture d'urgence. Les ministres qui tâtonnent et hésitent n'ont pas leur place dans un gouvernement de combat dirigé contre une crise à la fois politique et économique.

En tout cas, Andry Rajoelina et Camille Vital ont fait l'effort d'ouvrir le gouvernement au maximum de partis. On aura même remarqué un fait : pour faire de la place aux groupements dérivés des trois mouvances, les partis pro-gouvernementaux ont été contraints à de larges concessions. Ainsi, le TGV en tant que formation politique n'est pas représenté dans l'équipe, alors que les diverses tendances du TIM ont été grassement gratifiées. Pour conférer au gouvernement le maximum de consensualité et d'inclusivité, Andry Rajoelina a demandé à ses troupes de se sacrifier et de céder la place aux " alliés ". Avec la mise à l'écart de proches comme Hippolyte Ramaroson, Serge Ranaivo ou Razafimanazato Julien qui n'ont pas ménagé leurs peines pour consolider les assises du régime de transition, c'est certainement l'amertume et la grogne dans les rangs des partis pro-Rajoelina.

Le grand public n'a manifesté samedi aucun enthousiasme particulier suite à la proclamation de la composition du nouveau gouvernement. Il est vrai que les hommes des partis politiques n'ont pas bonne presse auprès de la population et constitue une catégorie décriée et même méprisée. Depuis plus de six mois d'ailleurs, ils ont pris en main le processus de sortie de crise mais n'ont pas encore rencontré de réel succès. S'ils se donnent la main et réussissent à sortir le pays de la crise, à réconcilier les factions politiques en conflit et à décrocher la reconnaissance internationale, ils pourraient obtenir l'estime du public et redorer leur blason.

La grande question est de savoir si la communauté internationale sera sensible au sacrifice consenti par Andry Rajoelina. Si les ambassadeurs étrangers avaient estimé que la composition du nouveau gouvernement découlait d'un large consensus, ils auraient demandé à assister à la cérémonie de samedi. Leur absence trahit des doutes et des réticences, suite probablement au refus des trois mouvances de soutenir le processus et de siéger au gouvernement. La partie est donc encore loin d'être gagnée.
Si la communauté internationale n'adresse pas un satisfecit ou tout au moins un signe de réceptivité, Andry Rajoelina pourrait par dépit dissoudre ce gouvernement composé de personnalités qui lui sont étrangères. Il pourrait alors en revenir à l' " unilatéralisme " qui lui a réussi jusqu'ici, et réformer l'équipe gouvernementale dont l'ossature à été formée sur la Place du 13 Mai.

Voilà le danger d'une reconnaissance internationale qui se fait un peu trop désirer. Le mouvement né sur la Place de la Démocratie et sur la Place du 13 Mai pourrait penser que pour l'opposition dans le gouvernement, il n'y a pas de …place.

Adelson RAZAFY


28/03/2011
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