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PIERROT RAJAONARIVELO Ni opposition, ni soutien aveugle

Le président national du « Mouvement pour la démocratie à Madagascar », Pierrot Rajaonarivelo, vient de préciser sa position par rapport aux débats et à la situation politiques de l'heure dans le pays.« Nous ne sommes pas dans une opposition systématique ni encore moins dans un soutien aveugle par rapport à une formation politique », a-t-il fait remarquer lors d'un entretien avec des confrères du journal « Le Démocrate », lors de son récent passage en France.


Devant la situation politique controversée qui prévaut à Madagascar, où se situe le MDM ?

Quelle que soit l'évolution de la situation politique, le MDM ne dévie pas des principes qu'il s'est fixés depuis sa constitution.
A savoir : promouvoir le respect des droits de l'homme, œuvrer pour l'émergence d'un environnement politique démocratique, consolider le respect des valeurs traditionnelles malgaches… tout cela en vue de lutter contre notre seul ennemi qu'est la pauvreté. Le MDM ne se contente pas simplement d'énoncer ces principes mais surtout déploie toutes ses énergies pour les concrétiser à travers ses pratiques politiques. D'ailleurs, la position que nous avons tenue lors des récents événements, que ce soit le référendum ou notre proposition de sortie de crise… en témoigne.

Concernant le référendum, le MDM a appelé à voter « non ». L'on s'interroge alors sur votre position sur l'échiquier politique : êtes-vous dans l'opposition ou plutôt pour le régime de la HAT ?

 Au vu de l'état désastreux dans lequel notre pays se trouve actuellement, j'estime qu'il n'est pas très juste de réduire l'opinion à une vision exclusivement binaire selon laquelle il n'y a pas d'autre alternative que de choisir l'un au détriment de l'autre, ou contrer l'un au profit de l'autre. Ce genre d'argument n'est, à mon avis, qu'un raccourci dangereux et ne prête pas à enrichir le débat ni à trouver des solutions adéquates aux problèmes récurrents de notre pays. Pour être clair, le MDM n'est pas dans une opposition systématique ni encore moins dans un soutien aveugle par rapport à une formation politique. Nous oeuvrons pour l'avènement de la 4è République dans les meilleures conditions possibles, notamment par l'implication de tous les Malgaches à travers des élections libres, démocratiques et transparentes, fruits d'une concertation de toutes les forces politiques de façon inclusive et consensuelle. Nous appuyons tous les efforts allant dans ce sens. Nous adhérons à tous les projets qui y font référence. Et nous dénonçons tout manquement à cet objectif et condamnons toute tentative qui consiste à s'y opposer. Voilà notre position qui n'a jamais changé d'un iota depuis notre convention.

Le président de la HAT avait promis qu'après le référendum, il procèdera à l'instauration d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Au regard du poids du MDM dans les résultats du référendum, le MDM intégrera-t-il ce nouveau gouvernement ?

Dans la situation de crise politique qui a duré déjà presque deux ans, nous sommes condamnés à faire un choix entre deux options claires : soit renier et, alors, s'opposer systématiquement à tout ce que le régime fait et entreprend et, donc, laisser celui-ci faire ce que bon lui semble et laisser le peuple dans les guéguerres politiques sans fin avec ses cohortes de calamités. Autrement dit, du « statu quo ». Soit se rendre à l'évidence que, le pays est dirigé par un régime dit « de fait » et quelle que soit la nature qu'on lui donne en matière de légitimité ou de légalité, de toutes les façons, la vie de 20 millions de personnes en dépend.

Aussi, serait-il plus judicieux de l'aider à mener à bien le reste des missions qui lui incombent et qui consistent à terminer cette transition trop longue à travers justement la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. La tâche première de ce gouvernement est, à notre avis et conformément aux résolutions de la convention du MDM, d'organiser une élection présidentielle. Mais, attention, notre participation ne se ferait pas à n'importe quel prix. En effet, la reconnaissance internationale est une donnée fondamentale car elle serait le signe d'un retour dans le concert des nations avec ce que cela implique en termes de reconstruction économique et de renouveau diplomatique après l'image calamiteuse que notre pays a laissé ces derniers temps. Aussi, entrer dans un gouvernement national n'a de sens que si le principe et la philosophie mêmes de ce gouvernement sont avalisés par la communauté internationale…

Au jour du référendum, un coup d'Etat mené par un comité militaire de salut public s'est invité sur la scène politique. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

 Sincèrement, je regrette ce genre de forme d'expression politique. Pour le MDM, la violence ne résout rien et un coup de force quelle que soit la raison - qu'il se veuille légitime- pour le justifier, n'est pas une solution. Autant je regrette ce triste événement, autant je regrette la violence utilisée contre les membres de ce coup de force, en violation de l'impératif respect des droits de l'homme propre à tout Etat de droit…

Recueillis par Miadana Andriamaro



03/12/2010
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