INFO PREMIER

Plusieurs milliards à distribuer

Où va siéger le Congrès de la Transition (CT) dont la mise en place est prévue dans l'accord politique du 13 août ? Avec ses 256 membres, cette institution ne peut, en effet, prendre place au Palais de Tsimbazaza qui est dévolu à la Chambre basse.
Au mieux, la salle plénière des locaux qui abritent depuis l'Assemblée nationale ne peuvent contenir que 180 sièges.



Mais ce problème logistique n'est pas pris en compte par les partis et associations politiques, réunis au sein de ladite espace de concertation alors que certains de leurs leaders sont familiers des lieux pour avoir été des députés, sous les précédents régimes. Pire, on ne tient pas en compte des implications financières.


En 2008, il n'y avait que 127 députés. Dans l'accord politique, on veut augmenter leur nombre à 256. Soit pratiquement le double. Le chiffre est d'autant plus scandaleux pour le citoyen, on devra également constituer le Conseil supérieur de la Transition (CST) pour lequel l'espace de concertation des partis politiques exige notamment la nomination de 125 membres. Financièrement, le pays ne peut pas se permettre un tel excès. Dans le budget 2008, par exemple, le Sénat et l'Assemblée nationale avaient respectivement bénéficié d'une allocation de 20 et 35 milliards fmg à titre d'indemnités, soit de salaires. Si on suppose que le quart de ce budget sert à payer le personnel administratif, le député et le sénateur d'alors aurait été payé à environ 20 millions Fmg par mois. Il faut peut-être compter dans ce chiffre les téléphones et autres servitudes. Les 256 membres du Congrès et les 125 conseillers du CST seront-ils payés au même tarif ?

Toujours est-il que la plupart des membres de la HAT, qui ont soutenu Marc Ravalomanana, en 2002, puis mis sur la touche, vont certainement monter la voix. Ce sont eux qui ont adoubé la loi de Finances pour 2010.
Dans ce budget, ils ont pratiquement à leur bénéfice environ 20 milliards Fmg au titre des indemnités (salaires) avec un effectif moindre : 43 membres de la HAT contre 60 sénateurs. Mieux encore, la HAT (pas la présidence de la HAT) s'est vue octroyée un faramineux budget de biens et services d'environ 30 milliards pour l'année en cours contre même pas le tiers durant le précédent régime.
Ces membres de la HAT sont prévus d'intégrer le CST. La baisse des avantages avec. Ce qu'il faut dire, dans le langage mathématique.

Bref, l'accord politique d'Ivato semble se ramener à celui de Maputo. On veut partager le pouvoir. On veut se distribuer les milliards. Ceux du bois de rose en particulier. Si les partis politiques osent proposer des solutions, c'est finalement en connaissance de cause. Dans la loi de Finances pour 2010, l'Assemblée nationale qui est donc appelée à devenir le Congrès de la Transition, est dotée d'un budget d'environ 40 milliards fmg en indemnités et 75 milliards en biens et services. C'est cette institution qui fait aujourd'hui l'objet du partage de gâteau. Qui peut espérer mieux ?

Sa


23/08/2010
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