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Pour le retour de Ratsiraka: Des opérateurs rackettés

Didier Ratsiraka ne rentrerait pas au pays de sitôt. En fin stratège, il prendrait le temps, le temps que le peuple oublie son implication dans le semblant de coup d'Etat du 17 novembre dernier. Le temps aussi de faire cesser le racket organisé par certains de ses partisans sur son dos.


Un véritable racket est, en effet, organisé depuis deux semaines par deux compères, Alain Ralainarivo et René Ramanana. Le premier est celui qui avait initié la création d'une ville nouvelle à Ambohidratrimo en 2000, le lancement des travaux ayant fait l'objet d'un grand tam tam. Le second est un ancien député Arema élu dans la circonscription d'Avaradrano.

En date du 10 novembre, ces personnes ont envoyé des lettres à certains opérateurs avec comme objet : « demande de participation financière et/ou en nature pour le retour au pays du Président Ratsiraka Didier Ignace ». MM. Ralainarivo et Ramanana se disent co-présidents du comité de pilotage « RDI », soit Ratsiraka Didier Ignace. Le deuxième prénom de l'ancien Chef d'Etat est sans doute mentionné pour suivre la mode apportée par la Transition où on cite Andry Nirina Rajoelina ou encore Albert Camille Vital, au lieu de Andry Rajoelina et Camille Vital tout court comme il est d'usage dans le monde.

La ressemblance avec la Transition s'arrête là car ce fameux comité sous-entend le retour de l'Amiral comme celui du sauveur du pays. La missive annonce notamment que le retour de l'Amiral fera l'objet d' « un accueil particulier, digne d'un Eminent Rassembleur ». Elle indique également que « des centaines de milliers de citoyens l'accueilleront avec enthousiasme et honneur ».

Au-delà du fait que cette lettre enterre de facto le régime actuel, la démarche est a priori habituelle. Elle est d'ailleurs présentée d'une manière courtoise. D'après pourtant des opérateurs qui nous ont alerté, les initiateurs du Comité national de Pilotage « RDI » font des pressions pour obtenir des dons. « Vous risquez de regretter … », rapporte-t-on, entre autres.
Outre les pressions, les sollicités s'étonnent que ce n'est ni le Professeur Ange Andrianarisoa ni Tantely Andrianarivo qui signe la lettre, ces deux personnalités étant les seules supposées mandatées par Didier Ratsiraka pour agir en son nom.

On remarque également que ce sont surtout les opérateurs karana qui sont approchés. Cette catégorie a été de tout temps, du moins depuis 30 ans, sollicitée par les différents régimes pour financer leur campagne électorale. Le chantage est qu'on menace cette minorité d'expulsion si elle ne participe pas.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le code de nationalité malgache n'a jamais été remanié pour reconnaître le droit du sol afin d'empêcher les karana qui sont établis dans le pays depuis 300 ans, d'acquérir la nationalité malgache.
De surcroît, les karana figurent parmi les plus fortunés du pays pour la simple raison qu'ils ont surtout prospéré après le départ des Français en 1972 et grâce à la déficience de l'Etat qui s'est mêlée de gérer directement l'économie après la vague de nationalisations.
Chez certains partisans de l'Amiral, on croit même que c'est grâce à l'Amiral que les karana se sont enrichis. Hier, ils ont déjà fait l'objet de racket. Aujourd'hui, on recommence. A preuve, la dernière phrase de la lettre qui dit : « comptant sur votre habituelle compréhension ».

En tout cas, ce n'est pas avec ce genre de procédé que Didier Ratsiraka espère regagner le cœur des Malgaches et rentrer triomphalement au pays comme en septembre 1996. Si jamais ce fameux comité a reçu son aval, son retour sera synonyme de reprise des mauvaises pratiques qui ont soulevé la population en 1991 et l'obliger de s'exiler en 2002. Si c'est vraiment le cas, on préfère qu'il ne rentre pas au pays pour revenir aux affaires.

SA.



25/11/2010
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