INFO PREMIER

Que demande le Peuple Malgache ?

A l’approche du 20 mai 2011, les Etats - majors politiques s’activent afin de mieux asseoir leur position et faire valoir leur vision avant cette date supposée être fatidique pour l’avenir, à plus ou moins long terme, du pays. Quatre semaines donc pour convaincre.

Mais convaincre de quoi exactement ? Car il faut se rendre à l’évidence. Dans cet exercice de persuasion, les objectifs des uns et des autres ne sont pas les mêmes, pour être divergents, voire diamétralement opposés dans certains cas.
En effet, si le pouvoir de Transition sort son artillerie lourde en vue de décrocher la reconnaissance internationale, l’opposition, incarnée par les trois mouvances, s’échine à agir dans le sens tout à fait contraire. Dernièrement, des entités sont sorties du néant, ou ont été ressuscitées, afin de proposer d’autres perspectives dont certaines n’ont pas encore été explorées jusqu’ici (une « troisième voie »), tandis que d’autres l’ont déjà été, mais n’ont pas donné les résultats escomptés (le retour à la table des négociations). Mais dans tout ceci, s’est - on demandé à quoi exactement, au jour d’aujourd’hui, aspire le Peuple profond, cette majorité silencieuse dont le suffrage constitue pourtant un enjeu de taille lorsque viendra l’heure de la consulter ?

Certains diront que depuis 2009, date à laquelle ce Peuple s’est exprimé dans les rues pour exprimer sa soif de changement, beaucoup d’eau a déjà coulé sous le pont et bien malin serait celui qui prétend pouvoir dire avec certitude ce qu’il souhaite à l’heure actuelle. Cependant, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce désir de repartir sur de toutes nouvelles bases demeure intact et à l’occasion, la population, dans sa majorité, ne manque pas de l’exprimer. Le résultat du dernier Référendum constitutionnel en est la preuve.

Mais au vu des événements qui ont jalonné ces deux ans de Transition, force est aussi de constater que toutes les manœuvres en vue de mobiliser cette masse silencieuse dans le but de rééditer le scénario de mars 2009 sont demeurées jusqu’ici vaines. En effet, par deux fois, en vue d’ébranler le pouvoir de Transition, certains ont voulu réinventer le cocktail explosif Vahoaka – Armée qui a conduit à la chute de Marc Ravalomanana, sans résultat. La mutinerie de la Fign, on l’a vu, malgré le coup de pouce des Pasteurs du Hmf (Hetsiky ny mpitondra Fivavahana) n’a pas déclenché le soulèvement général escompté. Il en est de même pour l’affaire Bani qui a pourtant été orchestrée par des personnalités très en vue de l’Armée.

La vraie - fausse arrivée de Ravalomanana fut la dernière « démonstration de force » de la mouvance du même nom puisque, le mouvement s’est s’essoufflé de jour en jour, pour être complètement moribond après l’embarquement de Yves Aimé Rakotoarison dans le navire de la Transition. Par la suite, que ce soit la Transition - bis de Zafy ou le Gouvernement insurrectionnel de qui l’on sait, semblent avoir laissé de marbre ce Vahoaka tant convoité.

A partir de ce constat, il faut être vraiment aveugle et sourd pour ne pas s’apercevoir qu’en réalité, au - delà de sa survie quotidienne, ce qui importe les plus à l’écrasante majorité de la population, c’est d’aller au plus vite aux élections afin qu’elle puisse enfin s’exprimer et prouver qu’elle a aussi son mot à dire dans la résolution de cette crise. Et le plus tôt sera le mieux. Les gesticulations des politiques, quels qu’ils soient, laissent désormais indifférent le simple citoyen et les notions telles que « inclusivité » et « consensualité » ne sont pour lui que de simples vues de l’esprit totalement abstraites, détachées de la réalité. De sa réalité.

Hery Mampionona


28/04/2011
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