INFO PREMIER

RATSIRAKA: Un retour au nom de la réconciliation

En dépit d'un retard d'une heure environ, l'amiral Didier Ratsiraka est arrivé à Madagascar et la foule qui l'a accueilli lui a souhaité la bienvenue.

 

Après neuf ans et quatre mois d'exil en France, cet ancien chef de l'Etat aura l'occasion de passer sa retraite dans son pays natal.
Dès la première phrase prononcée par l'amiral Didier Ratsiraka, hier au salon d'honneur de l'aéroport d'Ivato, il annonce son intention de procéder à la réconciliation. « Pourquoi ne devrions-nous pas nous pardonner ? », s'est-il interrogé lorsqu'il a été interrogé par la presse sur la tenue ou non de la conférence au sommet qu'il a toujours proposé comme solution à la crise lors de son exil.

Pas besoin d'amnistie

Pour prouver cette volonté de serrer la main de ses adversaires, l'amiral Didier Ratsiraka a annoncé : « Le professeur Albert Zafy m'a déchu deux ou trois fois de mon régime mais je suis prêt à lui serrer la main. Il n'est plus temps de remuer le couteau dans la plaie sinon, nous perdrons beaucoup de temps sur la question. J'estime qu'il est temps de dialoguer, d'organiser une conférence au sommet avec la participation des chefs de file de mouvances, des chefs de partis et des membres de la société civile.
Certes, des conférences ont déjà été organisées mais certaines personnalités n'étaient pas présentes lors de ces réunions ».
L'amiral Ratsiraka a précisé qu'il ne pense pas avoir commis un crime en quittant Madagascar en dépit des décisions de justice prononcées à son encontre. « Je n'ai pas besoin d'amnistie », a-t-il dit. "A moins qu'on me reproche mes activités en 2002. En effet, le pont de Toamasina était détruit à cette époque, il a fallu que je débloque un budget auprès de la Banque centrale de Madagasikara et du Trésor public. Nous devions en outre préparer les examens officiels et nous avons encore engagé des dépenses publiques", a-t-il souligné.

Mandat

Si l'amiral Ratsiraka n'a pas besoin d'une amnistie, il a par contre revendiqué la libération dès ce jour des exilés politiques au nom de la réconciliation nationale. Ce sera à la conférence au sommet que le chef de file de la mouvance Ratsiraka compte avancer ses deux ou trois solutions de sortie de crise.
Mais le fondateur de l'Arema de préciser que le budget pour la mise en œuvre de cette conférence n'est pas encore à sa disposition. « Je n'ai jamais dit que le million de dollars nécessaire à la tenue d'une réunion au sommet est déjà à ma disposition. Si des personnalités de bonne volonté sont prêtes à participer à la quête, le fonds doit être remis aux membres du Conseil œcuménique des églises chrétiennes à Madagascar. Cela permet d'éviter tout doute sur l'usage de ce budget. Mais au cas où ce montant n'est pas trouvé, je pourrais m'efforcer de trouver ce budget à l'extérieur si je suis mandaté pour ce faire », a encore révélé le numéro un de la deuxième République.

Il est temps de passer le relais

Bref, l'amiral Ratsiraka n'a qu'un seul objectif sur le plan politique, la réconciliation nationale. Un objectif qu'il partage d'ailleurs avec la mouvance Albert zafy qui a toujours soutenu le retour des exilés politiques. Les dispositions de la feuille de route prévoient la mise en place d'un organe chargé du conseil pour la réconciliation nationale. Par ailleurs, la constitution et la feuille de route stipulent la nécessité de préciser le statut des anciens chefs d'Etat.

L'amiral Ratsiraka est considéré comme le doyen des doyens de la politique. Il bénéficie donc des avantages de la mise en place du statut des anciens chefs d'Etat et du conseil pour la réconciliation nationale. Quant à la pratique purement politique, l'amiral Ratsiraka a, rappelons-le, déjà effectué trois mandats présidentiels. De ce fait, il mérite respect en tant que Raiamandreny cependant il devrait maintenant laisser le champ libre à ses dauphins et passer de bons moments avec sa famille et ses petits-enfants.

La réconciliation nationale est faisable certes mais il est difficile de tout oublier. Les ponts dynamités, l'essence à 30.000 Fmg le litre, les rayons des pharmacies qui se vidaient, les exactions des milices à Antsiranana… Bref le sabordage d'un pays presque en ruine est encore ancré dans la mémoire de certains.

Manohisoa



25/11/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres