INFO PREMIER

Selon la SADC: Les trois mouvances pas indispensables

Si les trois mouvances ne cherchent qu'à empêcher le processus de sortie de crise, initié par les partis politiques, qu'elles retournent au Magro Behoririka et attendent gentiment les élections.

Emise par des signataires de l'accord politique du 13 août, la déclaration ne reçoit pas moins l'assentiment des citoyens qui en ont marre de la crise mais aussi du comportement irresponsable des leaders politiques dont certains n'ont rien fait de mieux durant des décennies que de détruire le pays. Même la communauté internationale n'est plus dupe du petit jeu de Manandafy, Fetison et la cohorte de « nirina » qui ne vise que des sièges aux avantages faramineux.

Hier, le représentant de la médiation internationale à Antananarivo, le Dr Alberto Simao (SADC), a été on ne peut plus explicite sur le sujet : « la participation des trois mouvances n'est pas une condition nécessaire dans la suite des pourparlers. Cela dépend des raisons pourquoi elles refusent de participer. Les partis politiques sont toujours libres de participer ou non, ils doivent cependant assumer les responsabilités de leurs décisions ».

L'ancien ministre mozambicain des Affaires étrangères annonce ainsi officiellement la couleur pour signifier que la participation des trois mouvances dans la recherche d'une sortie de crise, n'est plus une condition « sine qua non » d'inclusion. Par la voix de M. Simao, la communauté internationale semble reconnaître que les anciens présidents destitués ne constituent pas à eux seuls la représentativité puisque de nombreux partis politiques essaient de peser sur l'échiquier politique.

En offrant la chance aux trois mouvances de s'atteler au train de la sortie de crise, la CNOSC minimise, en effet, les autres partis en présence. On ne parle pas des groupuscules qui représentent que le fondateur et quelques parents et amis. Mais on ne peut ignorer les membres du TIM drainés par le patriote Andrianatoandro Raharinaivo, , le PSDUM de Lahiniriko Jean, l'AVI de Norbert Ratsirahonana, le Leader Fanilo du regretté Herizo Razafimahaleo, et les sympathisants des adversaires de Marc Ravalomanana lors de l'élection présidentielle de 2006. Les 13 autres candidats ont totalisé environ 40 % des voix d'un scrutin émaillé de lacunes dont la non-présence de bulletins de vote de certains candidats.

En tout cas, Marc Ravalomanana ne peut plus prétendre être représentatif de telle ou telle frange de la population car les donnes ont considérablement changé depuis sa démission en mars 2009.
Il en est de même pour Albert Zafy et Didier Ratsiraka dont les mouvances sont d'ailleurs en train de se faire phagocyter par celle de M. Ravalomanana. Sinon, on fait remarquer que le HPM qui constitue la principale force politique au sein de la mouvance Zafy a déjà rejoint l'accord politique d'Ivato, tandis que du côté de l'Arema, on sent une volonté certaine des membres du Comité directeur (proche de Didier Ratsiraka) de suivre les principes acquis à Ivato.

Tout cela explique sans doute pourquoi la communauté internationale fait aujourd'hui la part des choses en matière d'inclusion et de consensus. « Inclusif ne veut pas dire la participation de tout le monde ou de tout les partis politiques. Ils doivent être représentatifs de la réalité nationale », a notamment souligné Alberto Simao en précisant par ailleurs que « l'inclusion ne signifie pas unanimité ».
Attendue depuis le début de la médiation internationale, cette clarification qui tient certainement compte de la situation sur le terrain (terme consacré pendant la crise 2002) est plus que rassurante.

On avait notamment reproché à la Communauté internationale son entêtement à une cohabitation entre un président démissionnaire après la contestation populaire et le leader des mouvements populaires avec en prime deux anciens chefs d'Etat qui n'ont pas bougé le petit doigt durant les pires années de pouvoir de M. Ravalomanana. On condamnait même cette Communauté jugée irréaliste tout simplement parce qu'on pensait qu'avec les exigences d'inclusion et de consensus, elle voulait faire l'unanimité. Quel pays au monde, quel que soit le système politique, peut s'enorgueillir d'avoir réuni l'unanimité en son sein ?
On verra dans les prochains jours, la suite concrète de ce nouveau langage. Alberto Simao doit encore effectuer un compte-rendu à Joaquim Chissano qui lui donnera par la suite les instructions sur la position à tenir. Cependant, l'homme a toutefois encouragé la continuation des travaux et il n'a pas manqué de rappeler la nécessité d'améliorer la méthode de travail afin de mieux avancer. Alberto Simao a tout juste pris note de la décision de la CNOSC de suspendre les réunions afin de mieux préparer les futures rencontres.

Le message est toutefois clair : personne n'est indispensable. Albert Zafy et Didier Ratsiraka en savent quelque chose après la crise de 2002. Plus que ses deux prédécesseurs, Marc Ravalomanana serait nettement conscient pour avoir régné en maître en ignorant superbement ses anciens adversaires de la présidentielle de 2001.

Si les trois mouvances souhaitent vraiment participer à la sortie de crise, elles devraient changer de comportement. Au mois, elles peuvent négocier l'amnistie de leurs leaders. Interrogé sur la condamnation de Marc Ravalomanana sur le carnage du 7 février, l'ex-ministre mozambicain des Affaires étrangères se rapporte à la conférence nationale : « le thème devra être discuté à la conférence nationale au cours de laquelle il sera sûrement question de l'amnistie ».

Au fait, les trois mouvances souhaitent-elles vraiment le retour au pays de Marc Ravalomanana ?

Lambo T. et Sa



31/08/2010
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres