INFO PREMIER

Sommes-nous plus bêtes, plus attardés que les Tunisiens ?

La question se pose et s'impose à l'heure où l'on prépare, à Madagascar, la mise en place d'un gouvernement de coalition. Pourtant, dès le départ du dictateur tunisien Ben Ali, il est déjà question d'organiser une élection présidentielle dans deux  mois… Chez nous, deux ans n'ont pas suffi pour faire la moindre élection.

Doit-on encore signaler que les cas de Ben Ali et celui de Marc Ravalomanana se ressemblent ? Si le premier a quitté son pays comme un voleur, sans demander son reste pour se rendre en Arabie Saoudite, le second a d'abord démissionné, avant de s'exiler en Afrique du Sud.  Deux hommes, même destin ? Sans oublier que l'amiral devait aussi, toute proportion gardée, connaître le même sort. Actuellement, Ben Ali vient de grossir les rangs des anciens chefs d'Etat africains en exil. La liste risque de ne pas être close, car l'Ivoirien Laurent Gbagbo pourrait également passer à la trappe bientôt.

Revenons à nos moutons, plutôt à nos oignons. Puisque les autorités de la HAT ainsi que les « mouvances » s'accordent à former un gouvernement de coalition, qu'est-ce qui les empêche de le faire dès aujourd'hui ? A l'issue de la cérémonie de vœux à Iavoloha, la nécessité, l'urgence de créer une équipe gouvernementale d'unité va être agitée de nouveau. Un gouvernement, maintes fois repoussé, qui se situe au carrefour d'une sortie définitive de ce conflit politique qui a assez duré, et qui est placé depuis des mois au centre des clivages entre Andry Rajoelina et l'opposition…

Un tel gouvernement, dont on ignore quand est-ce qu'il va voir le jour, a toujours été abordé sous l'angle partisan et régional, comme si on voulait y intégrer les leaders de la centaine de partis politiques recensés et les représentants des 18 tribus de Madagascar. Autrement dit, un gouvernement fourre-tout : Mahazoarivo serait alors un panier de crabes. Bref, le personnel politique malgache manque cruellement de maturité. Pire : pas civilisé. Il faut le mentionner, parce que c'est vrai.
Le blocage se trouve au niveau du TIM et de la mouvance Ratsiraka. Depuis 2009, ces deux entités - de Maputo à Addis-Abeba - n'ont cessé de donner du fil à retordre à Andry Rajoelina, pour des motifs souvent obscures et futiles, pour ne pas dire bêtes et méchants... Leur but est de bouter hors du pouvoir le patron de la HAT. En vain. Ce couple est maintenant usé avant même d'avoir fait fructifier son bien commun. Voilà les conséquences d'un mauvais mariage de raison.

Cependant, rien n'est perdu pour eux, car, au rythme où vont les choses, M. Rajoelina et son équipe ne sont pas encore sortis de l'auberge. Loin s'en faut. La formation d'un nouveau gouvernement et la tenue des élections à venir, sont loin d'être évidentes. Ambohitsorohitra et Mahazoarivo ont du pain sur la planche. Des observateurs et commentateurs estiment que, pour sortir le plus tôt possible de cette impasse, une élection présidentielle, jumelée aux législatives, doit absolument se tenir dans les plus brefs délais, et pourquoi pas dans les 60 jours. Mais un tel scénario est refusé par le clan Rajoelina. L'exemple de nos frères tunisiens devrait pourtant l'inspirer…  Tant pis ! On sera encore là, à chercher une solution de sortie de crise, en 2015.

Franck RAHARISON


18/01/2011
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