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Sortie de crise:Le dernier plan B

La succession des événements laisse à penser qu’Andry Rajoelina a perdu du terrain face au rouleau compresseur de l’opposition. Quelles alternatives lui reste t-il ? La première solution serait qu’Andry Rajoelina reprenne la situation en main. Il a le pouvoir et presque le devoir de le faire.

Il n’a pas à se laisser déstabiliser alors que la période transitoire entre dans sa dernière ligne droite. Ceux-là mêmes qui ont trépigné pour obtenir une Transition consensuelle et inclusive mais qui, aujourd’hui, font tout pour empêcher son bon fonctionnement, seront poursuivis par la justice s’ils portent atteinte à l’ordre public et à la sûreté de l’Etat. Le combat de fer qui se prépare risque d’aboutir à une situation explosive, dans tous les sens du terme.
 
Si le pays sombre davantage dans le chaos, la seconde possibilité serait qu’Andry Rajoelina démissionne de son poste de Président de la HAT. Cela déplairait à l’intéressé et son entourage et procurerait une grande satisfaction à l’opposition. Pour certains, ce retrait serait une preuve de sagesse, lui permettant de se reconstituer un capital de sympathie utile pour la prochaine élection présidentielle ou la suivante. Pour d’autres, une démission marquerait l’échec personnel d’Andry Rajoelina et décevrait au plus au point ses partisans.

Etant donné que le retrait d’Andry Rajoelina de la scène est peu probable car le personnage n’est pas du genre à baisser les bras facilement, on peut songer à une troisième éventualité qui serait une coprésidence de la HAT. Cette possibilité, non prévue par la Feuille de Route, permettrait d’apaiser la soif de pouvoir de chacun, mais elle rendrait la fin de la période transitoire complètement ingérable. On ne voit vraiment pas comment Andry Rajoelina, Didier Ratsiraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana pourraient cohabiter et se partager le pouvoir au quotidien, surtout lorsque l’on sait que ce dernier est le roi des coups fourrés.

La quatrième idée serait une présidence encadrée par des vice-présidents. Andry Rajoelina resterait patron de la HAT et les anciens chefs de l’Etat possèderaient chacun le statut de vice-président. Ce schéma permettrait à chacun des protagonistes d’avoir l’honneur sauf, mais il se heurtera assurément au principe de réalité. La dilution du pouvoir rendrait son exercice difficile, à moins que ce ne soit le Premier ministre qui détienne les pleins pouvoirs.

Si l’on devait imaginer un partage du pouvoir, pourquoi ne pas penser à la cinquième hypothèse qui serait une alliance stratégique entre Andry Rajoelina et Didier Ratsiraka ? Ce cas de figure n’est pas à exclure lorsque l’on sait qu’ils se sont déjà rencontrés à Paris et que leur ennemi historique commun est Marc Ravalomanana. Un rapprochement entre les deux hommes renforcerait la position difficile d’Andry Rajoelina. Quant à Didier Ratsiraka, il a plus à gagner à long terme, en étant du côté d’Andry Rajoelina qu’en collaborant avec Marc Ravalomanana.
La sixième proposition envisageable serait un directoire militaire.

Cette idée extrême, longtemps écartée, pourrait resurgir si la Feuille de la Route devait se révéler inapplicable. Il reste à déterminer les personnalités susceptibles de composer un tel directoire. Toutefois, il n’est pas certain qu’un directoire militaire arrange Andry Rajoelina et les autres chefs de file. Cette perspective serait mal accueillie par la communauté internationale. Au surplus, après avoir remis le commandement suprême à Andry Rajoelina en mars 2009, l’armée pourrait conserver le pouvoir pour longtemps si elle devait le reprendre.

La septième voie à explorer serait un compromis militaro-civil. Andry Rajoelina conserverait la Présidence de la HAT mais son gouvernement serait composé exclusivement de hauts gradés issus de l’armée, de la gendarmerie et de la police. Cette piste est à creuser. Ce serait un moindre mal. Le retour à l’ordre constitutionnel, et à l’ordre tout court, est peut-être à ce prix là.

Les pistes de réflexion évoquées ci-dessus sont envisagées du point de vue des intérêts des chefs de file, qui ne sont pas forcément ceux de la nation. Dans tous les cas de figure, il y aura du grabuge. Quel que soit le dernier Plan B adopté bon gré mal gré par Andry Rajoelina, celui-ci ne devra pas perdre de vue que la finalité réside dans les élections à organiser au plus tôt.

Ranary



29/11/2011
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