INFO PREMIER

Trois mouvances: Vers un rejet de la feuille Simao



Les partis et formations pro-Rajoelina approuvent avec enthousiasme la feuille de route concoctée par Leonardo Simao, l'émisaire de la Sadc, et furent hier les premiers à manifester leur agrément à Andraharo. On y a notamment vu le TGV, groupement créé par Andry Rajoelina, et l'UDR, plate-forme de partis qui soutiennent le chef de la transition. On y a également remarqué le Matsilo de Théodore Ranjivason, formation membre de l'UDR, mais qui a tenu à exprimer personnellement son adhésion au plan.

Dans les prochains jours, on s'attend à des démarches analogues de la part d'autres groupements ou coalitions favorables au régime de transition, comme l'Escopol. Rien d'étonnant dans tout ceci, car les leaders de ces organisations politiques sont associées au pouvoir et siègent soit au gouvernement, soit au Conseil supérieur de la Transition (CST), soit encore au Congrès de la Transition (CT). Ils viennent donc saluer un document qui accorde la part belle à leur chef de file et qui conforte leur position d'apparatchiks (privilégiés) du régime.

Les regards se tournent maintenant vers les trois mouvances sans lesquelles le document ne remplira pas sa mission : assurer une transition neutre et inclusive. Ces formations d'opposition déclarent s'accorder un temps de réflexion et vouloir contacter leurs chefs de file à l'étranger avant de se prononcer. Mais tout indique déjà qu'elles vont rejeter la feuille de route et avancer des contre-propositions. Des déclarations faites à titre individuel par l'un ou l'autre des leaders de ces mouvances, on sait que ces dernières n'adhéreront pas au processus Simao. En premier lieu, elles contestent les prérogatives trop importantes accordées à Andry Rajoelina, notamment le titre sans partage de chef de la transition et le pouvoir de nommer le Premier ministre et les ministres. En second lieu, elles refusent le statut de « bouche-trou » dans la composition du CST et du CT, et plutôt que d'occuper des strapontins laissés vides, elles exigent une refonte de ces institutions et une répartition équitable des sièges. En dernier lieu, avant la mise en place d'une transition « new look », elles réclament des mesures d'apaisement notamment sous la forme d'une libération des « détenus politiques » de la crise de 2009.

On fera remarquer que, contre toute attente, la mouvance Zafy Albert se montre la plus radicale et ses revendications vont plus loin que celles de deux formations sœurs, jusqu'à l'abrogation de la Constitution de la Quatrième République et à la refonte de la Haute Cour Constitutionnelle. Alors que les mouvances Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana adressent, ces dernières semaines, des signes d'indulgence et de conciliation en direction du régime de transition, la mouvance Zafy Albert ne s'est pas départie de son intransigeance.

En fait, la proposition Simao va achopper sur les pierres déjà rencontrées à Maputo et à Addis-Abeba et sur lesquelles les négociations ont déjà fait naufrage : la limitation et la supervision des pouvoirs du chef de la transition ainsi que le contrôle des ministères-clés. On signalera que les trois mouvances sont hostiles au maintien de Camille Vital, considéré comme un Premier ministre trop répressif et qui est à l'origine de l'emprisonnement massif des opposants ces derniers mois.
Comment expliquer les faveurs particulières accordées par Leonardo Simao à Andry Rajoelina dans la feuille de route ? Probablement car lors de son séjour de trois semaines dans la capitale, il a constaté que le chef de la transition contrôlait l'administration, l'armée et tout le territoire. L'émissaire de la Sadc a donc placé Andry Rajoelina au centre de son dispositif afin d'assurer la continuité de l'Etat mais aussi la paix et la stabilité dans l'île. Mais pour les trois mouvances, miser sur ce cheval est une… ânerie.

Adelson RAZAFY


02/02/2011
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